Robert Bouchard a notamment participé au Cercle de presse en compagnie de l’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe.

50 ans du Cercle de presse: un test pour les élus

Le Cercle de presse, « c’est un examen de connaissances » sur les dossiers régionaux. Cette expression de l’ex-premier ministre Philippe Couillard reçoit le sceau de l’approbation des autres politiciens invités à partager leur vision de l’institution fondée en 1969. Chacun convient qu’il vaut mieux s’y présenter « très très bien préparé ».

À l’occasion du 50e anniversaire du Cercle de presse du Saguenay, trois anciens politiciens ont accepté de discuter avec Le Quotidien de leurs passages devant les journalistes du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

En février 2010, Robert Bouchard et Stéphane Bédard, alors députés, avaient plaidé la pertinence de la souveraineté du Québec, en réponse à une sortie de l’ex-premier ministre Lucien Bouchard.

Philippe Couillard

L’ex-député, ministre et premier ministre libéral Philippe Couillard garde des souvenirs « très positifs » du Cercle de presse, un exercice qui n’a pas d’égal, estime-t-il.

« Ça peut aller dans tous les sens, sur les plus grands enjeux comme sur des dossiers plus locaux, analyse l’ex-député de Roberval. Comme politicien, ça t’aide à placer les dossiers en priorité en voyant ce que les médias et les gens ont envie de savoir. Ce n’est pas long qu’un Cercle de presse va révéler ta connaissance ou ta méconnaissance des dossiers. Ayant toujours été beaucoup attaché à la région et en contact avec les citoyens et les organisations, j’arrivais à bien m’en sortir, je pense ! »

En juin 2017, Jean-Pierre Blackburn, candidat à la mairie de Saguenay, avait profité de son passage au Cercle de presse du Saguenay pour prendre ses distances vis-à-vis l’administration du maire sortant, Jean Tremblay

« Il n’y a pas d’équivalent au Québec, reprend-il. J’ai fait la tournée de la province plusieurs fois. Je rencontrais des équipes éditoriales, mais il n’y a pas un pôle médiatique comme ici, où tous les médias sont réunis autour d’une même table. »

Celui qui a été le 31e premier ministre du Québec, d’avril 2014 à octobre 2018, soutient que le Cercle de presse est « une institution majeure et dans les intérêts de la région ».

Après avoir complété son mandat d’ambassadeur du Canada à l’UNESCO, Jean-Pierre Blackburn avait accepté l’invitation du Cercle de presse de Saguenay pour tracer son bilan et parler de son avenir politique.

« Ce qui est spécifique au Saguenay–Lac-Saint-Jean, c’est la capacité de concertation et la solidarité entre tous les médias. Ils travaillent dans les mêmes intérêts », fait valoir l’ancien élu, qui a particulièrement aimé les discussions sur l’aluminium et la forêt.

Jean-Pierre Blackburn

Le souvenir le plus lointain de l’ex-député et ministre conservateur Jean-Pierre Blackburn remonte aux élections de 1984. « Tous les candidats élus dans la région étaient des conservateurs. C’était une élection un peu surprise avec la vague Mulroney. Au lendemain de l’élection, nous étions invités au Cercle », se rappelle celui qui a ensuite été ambassadeur du Canada à l’UNESCO, puis candidat à la mairie de Saguenay.

Candidat à l’élection générale du 2 mai 2011 et député sortant, Jean-Pierre Blackburn avait eu des échanges musclés avec son adversaire néo-démocrate, Claude Patry, à l’occasion d’un débat organisé par le Cercle de presse du Saguenay. Les deux autres candidats étaient le bloquiste Pierre Forest et le libéral Claude Ringuette.

Quant à la rigueur de l’exercice, M. Blackburn abonde dans le même sens que Philippe Couillard. « Le Cercle, ça nous force à nous dépasser. J’ai toujours pris mes présences très au sérieux. On sait qu’on peut finir par faire les manchettes partout. Mon intervention à mon retour de l’UNESCO, surtout celle-là, je l’avais beaucoup travaillée. »

L’ex-élu fédéral estime que le Cercle de presse est une institution qui contribue au développement du Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Quand ils invitent quelqu’un, même quelqu’un de l’extérieur de la région, ça fait en sorte que ces organismes contribuent à faire connaître notre région, analyse-t-il. Le Cercle a clairement contribué à l’essor de notre région. Ç’a sensibilisé les gens à notre réalité. »

Invité du Cercle de presse, Jean-Pierre Blackburn, alors ministre, avait partagé son intention de convaincre Québec d’investir dans le projet du Centre d’amélioration, de maintien et de promotion de la santé du Cégep de Jonquière (CAMPS).

L’ex-député de Jonquière-Alma a aussi tenu à souligner l’apport du fondateur du Cercle. « Bertrand Tremblay, je ne peux pas passer à côté. C’était un homme très sérieux et très respecté dans l’ensemble de la province », a-t-il conclu.

Robert Bouchard

De son côté, l’ex-député de Chicoutimi–Le Fjord pour le Bloc québécois Robert Bouchard a participé à plusieurs rencontres, « toujours accompagné, soit par le chef du parti ou d’autres députés ».

De passage devant les membres du Cercle de presse en compagnie de son collègue conservateur Denis Lebel, en 2008, Jean-Pierre Blackburn, député et ministre à l’époque, avait pris une douce revanche sur son adversaire de la circonscription voisine, Robert Bouchard, qui l’avait talonné durant son dernier mandat sur l’avancement des dossiers régionaux.

« C’était pris au sérieux en raison de l’originalité du Cercle par rapport à une conférence de presse. Tu ne vas pas parler d’un sujet ; tu vas approfondir des sujets variés, souligne-t-il. [...] C’était un endroit qu’on ciblait pour des sujets plus pertinents ou plus importants. [...] C’est une institution pertinente, extraordinaire et unique pour une région comme la nôtre. Bertrand Tremblay a été visionnaire. Et de voir qu’on célèbre les 50 ans du Cercle, ça montre que c’est une institution plus que valable. Et je pense que c’est encore plus pertinent aujourd’hui. »

L’ancien élu a même un souvenir très marqué d’une rencontre à laquelle il n’était pas invité et qui avait agi comme moteur d’amélioration pour son parti. « C’était à ma troisième campagne électorale. Jacques Brassard et Jean Lapierre étaient reçus pour une discussion sur le Bloc québécois. Ils avaient fait une importante critique, qui avait fait les manchettes nationales, se rappelle-t-il. Ça démontre l’ampleur du Cercle. Ça avait forcé le Bloc à se repositionner. Au final, ç’a eu un impact national et positif sur le Bloc, qui a bâti sur cette critique. »

De passage devant les membres du Cercle de presse en compagnie de son collègue conservateur Denis Lebel, en 2008, Jean-Pierre Blackburn, député et minsitre à l’époque, avait pris une douce revanche sur son adversaire de la circonscription voisine, Rober Bouchard, qui l’avait talonné durant son dernier mandat sur l’avancement des dossiers régionaux

« Le Cercle joue un rôle important pour sensibiliser et éveiller la population et les décideurs sur des sujets variés », conclut-il.

En 2016, Philippe Couillard a participé au Cercle de presse du Saguenay à titre de premier ministre, accompagné du député de Dubuc Serge Simard.
En 2016, Philippe Couillard a participé au Cercle de presse du Saguenay à titre de premier ministre.