Danyelle Tremblay, la fille du fondateur du Cercle de presse du Saguenay, a accepté de témoigner de l’importance qu’avait l’institution fondée en 1969 dans le coeur de son père, Bertrand Tremblay.

50 ans du Cercle de presse: la tribune idéale de Bertrand Tremblay

« C’était son bébé ; il le disait. Il en a toujours été très fier. Le Cercle fait partie de notre famille. Le Quotidien et le Cercle, on est nés là-dedans. »

Les yeux brillants de fierté, Danyelle Tremblay, qui a le visage de son père, Bertrand Tremblay, a accepté de témoigner de l’importance qu’avait le Cercle de presse pour celui qu’elle appelle « Papa », tout simplement.

« Le Cercle lui tenait énormément à coeur. Pour Papa, le Cercle de presse, c’était le Cercle de presse. C’était précieux. Il en était très très fier. Il en parlait beaucoup », raconte-t-elle, assise à côté d’une table remplie de souvenirs liés à l’institution que Bertrand Tremblay a fondée en 1969. Des photos, des albums, une tasse, une récompense, mais aussi des notes personnelles, un discours jamais prononcé pour le 35e anniversaire et les mémoires inachevées du monument de l’information régionale.

« Pour lui, c’était la tribune idéale. Il était content de voir que le Cercle était toujours bien actif. Il disait que c’était unique au Québec. Ce qui était le plus important pour lui, c’était qu’il n’y ait pas des questions préétablies, pas de limite de sujets. Et il était surtout fier de sa renommée, même hors de la région. Le Cercle a reçu de grandes personnalités publiques », résume d’emblée Danyelle Tremblay, qui avait pris soin de sélectionner quelques extraits des mémoires de son père traitant du Cercle de presse.

« Certaines rencontres l’ont marqué. Il a écrit, dans ses mémoires, que Ginette Reno était l’artiste qui avait laissé le souvenir le plus coloré. Je me rappelle que j’avais assisté à ce Cercle-là, parce que j’étais fan de Ginette Reno, et je le suis encore », se rappelle, avec bonheur, Danyelle Tremblay.

« Il parle aussi de Guy Lafleur, qui avait fait part de ses demandes salariales au Canadien devant le Cercle de presse, de plusieurs rencontres avec des premiers ministres, dont René Lévesque, et de la fois où il avait croisé Chapleau en voyage, et que Chapleau lui avait dit qu’il se rappelait de son passage, poursuit-elle. Ça le rendait vraiment fier, chaque fois qu’il se faisait parler du Cercle de presse. »

Si l’on se fie aux dires de sa fille, Bertrand Tremblay aura aimé profondément son « bébé », et ce, jusqu’à la toute fin. « Même quand il était malade, une fois, il s’est rendu jusqu’à l’Université du Québec à Chicoutimi pour assister au Cercle. Il voulait y aller, parce que l’invité était l’évêque René Guay. Il était très content que l’évêque soit originaire de la région. J’étais fâchée. Je lui ai dit : ‘‘Papa, t’es pas allé au Cercle ! ’’ », se remémore Danyelle Tremblay, avec un petit sourire amusé.

« Il a lu ses courriels jusqu’à la fin. Il regardait les invités et lisait ce qui s’était passé. Il était toujours heureux de voir des jeunes s’impliquer, surtout les jeunes femmes journalistes. C’était important pour lui de voir la relève, de se dire que le Cercle ne tombera pas », précise-t-elle.

À l’occasion d’une rencontre avec Le Quotidien, la fille de Bertrand Tremblay avait apporté et disposé soigneusement des photos, des albums, une tasse, une récompense, mais aussi des notes personnelles, un discours jamais prononcé pour le 35e anniversaire et les mémoires inachevées du monument de l’information régionale.

Hommages

Depuis le décès du paternel, le 28 septembre 2018, la famille a été touchée par les nombreux hommages qui lui ont été rendus. « On le sent très très présent avec nous, grâce à tout ça. Papa nous manque terriblement. À sa mort, nous avons été surpris de l’ampleur des réactions. Les témoignages ont été au-delà de nos attentes. Ça nous a touchés de voir que Papa était très apprécié, très respecté. [...] J’ai l’impression qu’au 50e anniversaire du Cercle de presse, on va encore fêter beaucoup Papa. »

« Nous aurions aimé savoir tout ça et lui dire à quel point nous sommes fiers de lui, ajoute-t-elle. Papa serait content de voir que ses petits-enfants sont fiers de lui. Ils ont été surpris de voir à quel point leur grand-père a été quelqu’un d’important pour sa région. On est privilégiés. »


Journaliste dans l’âme

Ce qui semble avoir le plus touché Danyelle Tremblay depuis qu’elle voyage dans les souvenirs et les notes de son père, c’est de constater l’ampleur de sa passion pour le journalisme et la région. « Mon père, c’était un passionné. Il voulait participer et contribuer à l’évolution du monde. Et il était toujours à la recherche de la vérité. C’est ça qui l’allumait dans le métier de journaliste », note-t-elle.

Outre « ses questions à cinq ou six volets », rigole-t-elle, Danyelle Tremblay estime que le plus grand legs de son père sera ce double amour pour le journalisme et pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Papa a été un journaliste jusqu’au fond de son âme jusqu’à la fin et un grand régionaliste. Il était très fier de son métier et de l’exercer dans la région », termine-t-elle.