50 000 logements sociaux de plus demandés

Emilie Gagnon
Le Quotidien
Loge m’entraide et le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) s’unissent à 26 organisations sociales, syndicales, féministes, communautaires et autochtones et souhaitent que soit inscrite la construction de 50 000 logements sociaux sur cinq ans dans le prochain énoncé économique, annoncé par le gouvernement Legault à la fin juin. Le tout, dans le but de répondre aux conséquences qu’engendre la pandémie actuelle sur les mal-logés.

Pour la prochaine année, les 28 organisations demandent au moins 10 000 nouveaux logements sociaux et communautaires ainsi que des investissements planifiés pour les cinq ans à venir, apprend-on par voie de communiqué.

« Une crise, qu’elle soit sanitaire, économique, du logement ou climatique, fait creuser toujours plus les inégalités et menace toujours plus le droit au logement. Quand on perd 50 % de son revenu ou que ses dépenses d’épicerie augmentent drastiquement, le prix élevé du loyer devient alors rapidement un problème », soutient Sonia Côté, coordonnatrice de Loge m’entraide.

Cette dernière souhaite que le gouvernement ne fasse pas abstraction de la situation. « Le gouvernement a le devoir d’éviter qu’encore plus de personnes soient mal-logées, exclues de leur milieu de vie ou se retrouvent à la rue en temps de pandémie. Le Québec s’est d’ailleurs engagé à respecter, à protéger et à mettre en œuvre le droit à la santé, à un logement convenable et à une nourriture suffisante, insiste Sonia Côté. Il se doit d’être cohérent et inclure des investissements dans le logement social. »

Loge m’entraide s’explique mal le fait que le logement social ait été, pour le moment, exclu des investissements supplémentaires dans les infrastructures publiques visant à accélérer la relance économique.

« La construction de logements sociaux amène des retombées sociales et économiques majeures. Une étude de la Société d’habitation du Québec révèle que chaque dollar investi dans le logement social génère des investissements d’au moins 2,31 $ dans l’économie et que les sommes que les locataires économisent sur le prix de leur loyer sont dirigées vers d’autres dépenses locales », conclut Sonia Côté.