Richard Hébert, député de Lac-Saint-Jean, Marie-Claude Bibeau, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, et Marc Landry, directeur général de la Fromagerie Perron, ont annoncé des investissements de plus de 5 M$ dans la transformation laitière régionale, dont 1,4 M$ provient du gouvernement fédéral.

5 M$ investis pour la transformation laitière

Alors que Nutrinor investit 3,2 millions de dollars pour augmenter la durée de vie de ses produits, la fromagerie Perron injecte plus de 2 millions pour augmenter la production. Le but des investissements : augmenter les ventes et conquérir de nouveaux marchés dans le reste du Canada.

« Le contexte actuel pousse les transformateurs laitiers à se moderniser et à innover pour faire face à l’alternative des fromages européens, a soutenu Marc Landry, directeur général de la Fromagerie Perron, lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Saint-Prime. La fromagerie Perron voit dans cette nouvelle dynamique de marché l’opportunité de mieux se positionner sur le marché canadien. »

Pour y parvenir, le transformateur laitier investit plus de 2 M$ pour l’achat de nouveaux équipements, dont un pasteurisateur et une unité de réfrigération complète, qui permettront d’augmenter la capacité de production tout en améliorant l’efficacité. En particulier, ces nouveaux équipements permettront de doubler la production du fromage vieilli, souligne Marc Landry, qui souhaite conquérir de nouveaux marchés à l’extérieur du Québec, tout en ajoutant l’opportunité de créer de nouveaux produits à valeur ajoutée. « Ça nous permet de nous diversifier et de nous démarquer dans la transformation de produits de niche », a-t-il mentionné.

La coopérative Nutrinor investit pour sa part 3,2 M$ à sa laiterie du boulevard Saint-Jude, à Alma, pour faire l’achat d’équipement automatisé à ultra haute température. « L’objectif principal de cet investissement est d’allonger la durée de vie des produits sur les tablettes, affirme Steve Gagnon, vice-président finances et administration pour Nutrinor. Ça va nous permettre d’aller plus loin avec le lait et la crème régionale. » Après avoir percé les marchés à l’extérieur de la région avec son lait nordique biologique, Nutrinor souhaite maintenant distribuer ses autres produits partout au Québec et même à l’extérieur de la province.

Ces deux projets ne créeront pas d’emplois directs, mais ils permettent de consolider plus de 300 emplois dans la région.

Marie-Claude Bibeau, la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, était aussi sur place pour annoncer la contribution totale de 1,4 M$ du gouvernement canadien dans ces projets. « La demande pour les fromages et les produits laitiers est en hausse, a-t-elle dit. Je sais que vous voulez saisir pleinement les opportunités que ça représente. Je comprends aussi que l’accord commercial avec l’Union européenne a des répercussions sur votre industrie. C’est pourquoi nous avons mis sur pied le Fonds d’investissement dans la transformation des produits laitiers (FITPL), de 100 M$, qui aide les transformateurs à moderniser leurs opérations pour devenir encore plus productifs et à utiliser plus de lait canadien. »

La Fromagerie Perron recevra 600 000 $ de subventions du FITPL, en plus d’un prêt de 594 000 $ de Développement économique Canada, alors que Nutrinor reçoit 293 000 $ du FITPL.

Le député de Lac-Saint-Jean et secrétaire parlementaire de la Petite Entreprise et de la Promotion des exportations, Richard Hébert, s’est également réjoui de l’annonce. « C’est une très belle nouvelle et un gage d’avenir pour l’innovation en transformation laitière », a-t-il exprimé.

« Avoir une transformation régionale forte et florissante, c’est une bonne nouvelle pour nous, a pour sa part exprimé Daniel Gobeil, président du Syndicat des producteurs de lait du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les ententes commerciales ont fragilisé le prix du lait à la ferme et les producteurs, mais elles ont aussi fragilisé les transformateurs. Ce fonds est une compensation équivalente à ce qu’ont reçu les producteurs récemment ».

Pour Michel Frigon, un producteur de lait de la Ferme des Fleurs d’Albanel, ces investissements permettent de consolider la transformation en région, avantageant ainsi la production laitière.

Cette annonce fait suite à l’annonce d’aide aux producteurs laitiers qui recevront 1,75 milliard $ sur cinq ans en compensation pour les parts de marchés perdus lors d’accords commerciaux internationaux, dont 345 M$ dès la première année.

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Les fromages québécois en chiffres

Plus de 100 fromagers au Québec produisent plus de 500 fromages différents

Plus de 50% du marché des fromages fins canadiens, qui représente 15 G$ au Canada

25000 emplois, dont 9000 au Québec. 

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Des faits méconnus sur la Fromagerie Perron

Alors que la Fromagerie Perron est connue régionalement pour son fromage cheddar, l’entreprise primoise produit tout autant de fromage suisse et parmesan. De très gros volumes de ces types de fromage sont toutefois vendus à de gros industriels, qui revendent les produits sous d’autres noms de marque, mentionne Marc Landry, ledirecteur général. La Fromagerie Perron ne vend par ailleurs aucun fromage parmesan, mis à part quelques lots vendus directement aux clients à sa boutique de Saint-Prime.

Plus de 50% des parts de marchés de la fromagerie proviennent de la vente de fromage frais de fromage à poutine. « On fait de la poutine congelée qu’on vend à plusieurs chaines de restaurants, mais les gens ne le savent pas, note ce dernier. Mon plus gros client de poutine, c’est Ashton. »

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La Fromagerie Perron en chiffres

20 millions de litres de lait régional transformé

2 millions de kg de fromage produits

Production : 15% de cheddar, 15% de fromage suisse et 15% de parmesan et 55% de fromage frais du jour et de fromage à poutine. 

Objectif d’ici cinq ans : doubler les ventes de fromage cheddar vieilli