Éric Lalancette possède deux chevaux, qu’il élève sur ses terres.

400 kilomètres à cheval

Le Baieriverain Éric Lalancette réalisera un vieux rêve à la fin août : il partira à dos de cheval de Saguenay et se rendra à Saint-Tite dans un périple d’un peu plus de 400 kilomètres.

Éric Lalancette partira seul, le 24 août prochain, avec son cheval, Warlen, un mâle âgé de huit ans. Il termine présentement les derniers préparatifs avant de quitter pour la Mauricie, dans une aventure qui l’amènera vers le Festival western de Saint-Tite.

Pour justifier les raisons qui l’ont amené à partir, Éric Lalancette dit simplement : « C’est mon style ». Il a pensé à ce voyage, l’an dernier, dans le temps des Fêtes et travaille pour concrétiser cette idée depuis.

Éric Lalancette et son cheval canadien Warlen feront la route jusqu’à Saint-Tite.

en Deux parties
Éric Lalancette divise son itinéraire, qu’il a savamment planifié, en deux parties. « Grosso modo, je vais partir d’ici jusqu’à Lac-Bouchette. Je vais toujours être dans le dernier rang, sur le bord des montagnes. J’essaie d’être le moins possible sur la route », précise-t-il. Les rivières représentent la principale difficulté pour se rendre jusque-là. « Je n’aurais pas le choix de traverser là où il y a des ponts », ajoute-t-il.

À partir de Lac-Bouchette, il se rendra presque en ligne droite jusqu’à la municipalité de Sainte-Thècle, où il sera presque arrivé à destination. Cette deuxième partie de la route se fera exclusivement dans les chemins forestiers.

Le retraité de l’UQAC a hâte de partir à l’aventure. « C’est beaucoup plus d’ouvrage que je pensais », résume-t-il.

Éric Lalancette partira le 24 août et arrivera, selon son itinéraire, le 7 septembre .

Deux semaines
Cette aventure durera deux semaines, alors que M. Lalancette et son cheval franchiront en moyenne 30 kilomètres par jour. « C’est une distance raisonnable pour réussir. Je ne ferais pas la route au galop. En général, on va toujours aller au pas. Le cheval marche environ à une vitesse de 5 km/h. » Ce rythme lui permet de faire une quinzaine de kilomètres le matin, de se reposer et de manger, et d’en faire autant le soir.

Tous les lieux où Éric Lalancette campera sont déjà bien établis, pour des raisons pratiques. « Un cheval, ça mange une balle de foin par jour. Je ne peux pas traîner ça dans mon sac. » Lui et sa bête dormiront chez des cultivateurs, des connaissances, et passeront même trois nuits à la belle étoile.

Malgré le caractère insolite de son voyage, Éric Lalancette n’a pas d’appréhension particulière. « Le cheval, ce n’est pas un problème pour lui. Il est bien dressé. Je suis habitué avec et il a confiance en moi. Il est en bonne santé et il est dans la force de l’âge ». Le cavalier ne craint pas non plus la température. Il avancera, peu importe le temps qu’il fera. M. Lalancette traînera avec lui un peu de nourriture pour son cheval, une trousse de premiers soins, ses repas de la journée, et le nécessaire pour le garder à l’abri des conditions extrêmes.

Warlen est un cheval canadien, une race qui descend des chevaux européens importés à l’époque de la colonisation.

Perception des distances
Pour planifier son voyage, M. Lalancette a fait l’aller-retour entre La Baie et Saint-Tite dernièrement. Ce trajet, qui prend quatre heures à l’aller et quatre heures au retour, lui a inspiré une réflexion sur la perception des distances. « Le voyage que j’ai fait a pris une journée en voiture. Il va me prendre deux semaines à faire à dos de cheval. Avant, les gens se déplaçaient juste quand c’était nécessaire. »

Éric Lalancette arrivera le 7 septembre. Il participera à la parade du Festival western de Saint-Tite. Au retour, Éric Lalancette embarquera Warlen dans une remorque avant de revenir sur ses terres.

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UNE RACE AUX RACINES ANCESTRALES

Le cheval qui accompagnera Éric Lalancette dans son voyage jusqu’à Saint-Tite est bien particulier. Il est un des rares représentants de la race des chevaux canadiens qui ont survécu jusqu’à aujourd’hui.

Les chevaux canadiens sont liés à la création de la région et leur présence sur le territoire remonte au 17e siècle. « Ce sont des descendants des chevaux qui ont été apportés d’Europe par les premiers colons. Ces chevaux-là se sont comme développés en vase clos, au Québec. Ils étaient isolés des autres races et ils ont développé leurs propres caractéristiques », raconte Éric Lalancette.

Les hivers rudes et les besoins des agriculteurs ont contribué à créer une race forte, résistante et polyvalente, alors que seulement les mieux adaptés traversaient la saison froide. « Il fallait que le cheval puisse labourer, les amener à la messe le dimanche, faire des courses », raconte M. Lalancette.

Avec son crin fourni, le cheval de M. Lalancette est un descendant direct des chevaux qui ont aidé nos ancêtres à défricher et à cultiver la terre. « C’est une race qui est rustique et qui est résistante aux maladies. »

En voie d’extinction

Des spécialistes des chevaux ont permis de retracer la généalogie des bêtes pour créer une race officielle. Aujourd’hui, les chevaux canadiens sont devenus une race rare. « Ça fait quelques fois qu’on les déclare presque en état d’extinction. Le gouvernement a déjà supporté l’élevage, avec des subventions et toutes sortes de programmes », raconte M. Lalancette, en déplorant la disparition de cette aide publique.

Le nombre de bêtes demeure à la baisse en 2018, même si la situation n’est plus aussi critique qu’elle l’a déjà été. Le nombre d’éleveurs continue malheureusement de diminuer, notamment en raison de la faiblesse du marché de la revente des chevaux.

Éric Lalancette partira avec un cheval qui est né sur ses terres et qu’il a lui-même élevé, ce qui représente une fierté pour lui.