Johanne Bouchard a travaillé pendant 25 ans au CSI. Encore aujourd’hui, elle se rappelle avec plaisir les nombreuses actions et comités mis en place afin de conscientiser la population aux enjeux internationaux.

40 ans avec la même mission pour le CSI

Même si 40 années ont passé depuis la création du Centre de solidarité internationale (CSI) du Saguenay-Lac-Saint-Jean par Nicole Guy, la raison première de l’organisation reste sensiblement la même. Les maillages entre les initiatives du Nord et du Sud ainsi que les activités de sensibilisation, d’information et de mobilisation sont encore légion au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Après une mission de six ans au Paraguay, alors qu’elle était de retour au pays, Mme Guy désirait que les enjeux internationaux soient mieux connus au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ainsi, elle fonda le CSI avec un groupe de bénévoles.

La discussion entre une actuelle employée et une ancienne permet de confirmer le chemin parcouru et ce qui est encore nécessaire, quatre décennies plus tard.

« À travers mon poste, je devais démontrer, sensibiliser et interpeller la population à l’importance de créer des liens avec des organisations d’ailleurs. Nous disions toujours que nous voulions bâtir des ponts de solidarité entre les peuples d’ici et d’ailleurs », raconte Johanne Bouchard, qui a œuvré pendant 25 ans pour l’organisation reconnue en développement international. À l’époque, des fins de semaine de formation étaient organisées environ quatre fois par année. Les enjeux internationaux y étaient présentés sous une dimension régionale.

L’équipe du CSI compte maintenant sept employés en plus de nombreux bénévoles.

Mme Bouchard ne s’en cache pas, lors des premières années du CSI, le travail de vulgarisation était immense. L’organisation devait simplifier, voire traduire l’information transmise au public. Malgré l’immense défi, elle explique comment l’organisation arrivait à aborder les gens en ciblant quelque chose qui les touchait. Elle cite en exemple le boycott envers Nestlé qui fournissait du lait en poudre en Afrique à des mères qui n’avaient pas les moyens ni l’eau potable pour utiliser le substitut de lait maternel. Une action dénonçant cette pratique avait été faite dans la région.

Celle qui s’est jointe à l’organisme à la fin des années 80 afin de pourvoir un poste d’agente à l’éducation et à l’engagement du public se remémore les nombreuses activités et comités créés pour dénoncer les injustices ou mettre en lumière les grands enjeux internationaux.

« Au début, nous étions seuls. On sonnait la cloche. Le souci, c’était de donner l’heure juste aux gens par rapport aux réalités de là-bas tout en combattant les préjugés », soutient-elle.

Johanne Bouchard se souvient des balbutiements du Tour du lac Saint-Jean pour le Burkina Faso, dont une édition de 17 participants. Elle se rappelle les innombrables bris de vélo, les repas partagés en groupe et l’incompréhension des gens qui apercevaient les cyclistes.

Johanne Bouchard pose entourée de membres du comité féministe les Panthères Roses. Le regroupement de femmes avait organisé une conférence.

Le festival Tam Tam Macadam fut l’occasion d’intéresser la population au reste du monde d’une autre façon. « On prenait l’angle du culturel pour sensibiliser les gens aux projets de développement. C’était également l’occasion de faire la promotion de nos stages et autres projets. C’est un bel outil qui nous permettait d’attirer l’attention par une autre façon que l’intellect », explique Mme Bouchard, qui a vécu la naissance de l’événement.

L’actuelle directrice générale, Sabrina Gauvreau, est d’avis qu’encore aujourd’hui, une partie de la population n’a pas idée du niveau de complexité du travail, de l’expertise et du professionnalisme de l’organisation.

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L'IMPACT LOCAL D'UN STAGE À L'ÉTRANGER

La chargée de projet – Développement et éducation à la citoyenneté mondiale, 
Véronique Fortin, et la directrice générale du Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean, 
Sabrina Gauvreau, entourent l’ancienne employée Johanne Bouchard.

L’impact d’un jeune en stage à l’étranger encadré par le Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean se fait certes sentir là-bas, mais également à son retour. Voilà les conclusions d’études qui sont sans contredit appuyées par les actuels et anciens employés du CSI. 

« Quand tu as vécu l’expérience d’être deux mois dans un petit village sans eau potable, à ton retour, tu ne vois plus les problèmes de la même façon. Ce que j’aimais le plus, c’était la formation à leur retour. C’est tellement valorisant. C’était ma paye de voir leur réflexion et leurs décisions face à l’avenir. Les gens revenaient avec un élan, quelque chose de spécial et une sensibilité pour les autres, qu’ils n’avaient pas avant », confie celle qui a œuvré pour le CSI pendant 25 ans, Johanne Bouchard.

« Les retombées sont également locales. Les jeunes reviennent avec une ouverture, une expérience et des valeurs transformées. De plus, ils s’impliquent davantage dans la communauté. C’est une façon de voyager qui n’est pas en mode touriste. Tu appartiens à une communauté. C’est rare d’avoir accès à ce type d’expérience », seconde la chargée de projet – Développement et éducation à la citoyenneté mondiale au CSI, Véronique Fortin. À l’emploi du CSI depuis quelques années, Mme Fortin fut, à l’époque, une participante d’un stage Québec sans frontière en Équateur. 

Les deux femmes sont unanimes : les stages changent la trajectoire de bien des jeunes et sont à l’origine de bien des carrières. 

Mme Bouchard souligne l’importance du travail qui est effectué en amont afin d’assurer la réussite du stage. Celle qui a passé 25 ans au CSI n’a souvenir que de quelques cas d’exception. 

Le savoir-faire du CSI se ressent notamment à travers le partenariat de longue date avec le Cégep de Jonquière. Depuis plus de 20 ans, les étudiants en Techniques de travail social vivent une expérience à l’international grâce au CSI. L’expertise de l’organisation en travail social est d’ailleurs reconnue à l’échelle provinciale. 

Les retombées des stages résonnent également auprès de nombreux autres partenaires, dont le Carrefour Jeunesse emploi La Bivoie d’Alma et l’initiative Solidarité autochtone : Canada-Équateur réalisée en collaboration avec le Centre d’amitié autochtone du Saguenay. 

« Notre travail, c’est un peu comme un travail de prévention. Après, les jeunes sont plus motivés et plus engagés dans leurs communautés. Ils deviennent des agents de changement », fait valoir la directrice générale, Sabrina Gauvreau.

Aujourd’hui, le contexte est fort différent. « Les jeunes magasinent leur occasion d’aller à l’international. Ils se retrouvent devant plusieurs offres, même à l’école secondaire. Ils sont en mesure de le faire en dehors de l’univers de la coopération », explique Véronique Fortin. À l’instar de plusieurs entreprises, le CSI est confronté aux mêmes difficultés de recrutement des stagiaires. Cette nouvelle contrainte ne change en rien la rigueur accolée au processus de formation et de sélection.

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LE SOUPER-BÉNÉFICE LANCE LES FESTIVITÉS

es festivités entourant le quarantième anniversaire du Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean débuteront en force lors du souper-bénéfice annuel prévu le 29 mars prochain. L’événement se déroulera sous la présidence d’honneur des propriétaires de Bizz Corneau Cantin de Chicoutimi, Émilie Boivin et Denis Gilbert. 

De nombreux témoignages et un bien-cuit dédié à l’organisme s’ajouteront aux nombreuses retrouvailles lors de cette soirée qui se tiendra pour une deuxième année consécutive au Calypso de Jonquière. 

Les participants à l’événement-bénéfice dégusteront un repas de quatre services en plus d’avoir la possibilité de participer à l’encan silencieux toujours très populaire. 

Le mariage entre l’organisation et ses présidents d’honneur n’aurait pu être plus naturel. « Nous partageons de nombreuses valeurs et c’est pourquoi nous sommes très fiers, Denis et moi, de nous associer à cet organisme engagé de chez nous », souligne la copropriétaire de Bizz Corneau Cantin de Chicoutimi, Émilie Boivin. 

Le quarantième anniversaire qui se déroule sous le thème de l’engagement sera célébré lors de plusieurs autres occasions au courant de l’année à venir. Le Salon 50+ de la Fadoq, le festival Tam Tam Macadam, le brunch sucré-salé au Café du Clocher à Alma sont quelques-unes des activités qui permettront de souligner les 40 ans d’existence de l’organisation basée à Alma. Un concert bénéfice de Noël est à prévoir avec la soixantaine de choristes du Choeur Aquilon d’Alma. 

Nouvelle image

Le Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean profite de cet anniversaire marquant pour se présenter sous un nouveau jour, soit une nouvelle image de marque. Pour l’occasion, un nouveau logo remplace l’ancienne image alors que le site Internet a subi une cure jeunesse.

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UNE EXPERTISE UNIQUE EN RÉGION

Le Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean a grandement évolué depuis sa création, il y a 40 ans. Basé sur la rue Saint-Joseph à Alma, il compte maintenant sept employés. Il s’agit de l’unique organisme de coopération internationale dans la région. Son expertise en développement international se démontre notamment par les nombreux partenariats présents dans quatre pays soit l’Équateur, le Sénégal, Le Burkina Faso et la Colombie. 

L’organisme dédié au développement international est reconnu pour son expertise en entrepreneuriat, en agro-écologie, en autonomisation des jeunes femmes ainsi que tout ce qui concerne la santé sexuelle et reproductive.

L’année 2018 aura permis à l’équipe du CSI d’accompagner 94 stagiaires, d’appuyer 8020 personnes dans les pays du Sud en plus de réaliser près d’une trentaine d’activités d’éducation au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Au courant des vingt dernières années, plus de 800 personnes ont eu l’opportunité de vivre un stage grâce au CSI