Le nouveau projet pourrait voir le jour en 2020.

3e station-service à Laterrière: un projet qui dérange

Un projet multiservice à Laterrière est loin de faire l’affaire des deux principaux opérants d’une station-service du secteur, Nutrinor et Pétroles RL. Projet 7 impliquerait notamment l’ajout d’une nouvelle chaîne de distribution de produits pétroliers, qui deviendrait la troisième dans un très court rayon.

Les Pétroles RL et Nutrinor ont uni leurs voix pour faire part de leurs réticences à propos du projet évalué à sept millions $. Ce qui tracasse particulièrement les hommes d’affaires, c’est qu’un référendum avait eu lieu en 2008 sur les besoins du secteur. Les citoyens avaient alors établi qu’un nouveau projet devait être complémentaire à ceux existants.

Lors du conseil d’arrondissement de Chicoutimi du 18 septembre, le conseiller Marc Bouchard a proposé un amendement au règlement d’urbanisme pour pouvoir instaurer une station-service, un lave-auto, des salles de réunions, un centre de congrès et un service de restauration rapide. L’amendement, appuyé par Michel Potvin, sera voté mardi.

Considérant que deux stations-service ont déjà pignon sur rue sur le boulevard Talbot, au coin de la rue du Boulevard, Nutrinor et Pétroles RL se demandent pourquoi un tel amendement a été déposé.

« Lors du référendum il y a dix ans, il y avait un projet d’une troisième station-service dans l’air et les citoyens se sont prononcés contre, a rappelé Éric Larouche, président et directeur général des Pétroles RL. Ils voulaient plutôt avoir des services de proximité additionnels, complémentaires à ce qu’on offrait déjà. »

M. Larouche a indiqué que son entreprise et Nutrinor ont procédé à des investissements au cours des dernières années en sachant que le règlement d’urbanisme empêcherait la venue d’un compétiteur. La demande d’amendement du 18 septembre vient changer la donne.

« En affaires, on prend des décisions fondées sur des règlements municipaux, qui nous permettent de créer un environnement propice pour des opérations, et quand on a l’assurance que ces conditions vont demeurer, on investit des sommes importantes, a pour sa part indiqué Louis Giguère, directeur du marketing et des communications à la coopérative Nutrinor. Du jour au lendemain, on change les règles. On est fort étonnés. »

Documents demandés

Autant Pétroles RL que Nutrinor souhaitent obtenir les documents entourant les détails du référendum en 2008. La Ville de Saguenay a répondu à Éric Larouche qu’il devait passer par la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. Cette demande peut prendre 45 jours. Rappelons que l’amendement au règlement d’urbanisme sera voté mardi.

« Je suis un citoyen corporatif et je veux analyser les options qui s’offrent à moi, mais je me fais dire qu’il faut que je passe par la loi d’accès à l’information. Je trouve ça vraiment spécial », a laissé tomber Éric Larouche.

« On demande au conseil de ville de surseoir à sa décision, le temps qu’on reçoive les documents du référendum, qu’on les analyse et qu’on regarde nos options, a-t-il ajouté. En ce moment, les élus veulent prendre une décision, mais on ne peut même pas réagir et prendre position parce qu’on n’a pas accès aux documents. »

Les deux compagnies soutiennent également que la demande d’amendement au règlement d’urbanisme contient des contradictions. Dans le document, il est écrit « que les usages demandés n’ont pas pour conséquence d’augmenter l’intensité des usages autorisés et les impacts pour les usages avoisinants ».

« Dans mon livre à moi, une station-service de 16 pompes va seulement augmenter l’intensité des usages autorisés », a émis Louis Giguère.

Dans un autre paragraphe, on soutient que le projet a « la volonté de développer des pôles commerciaux et de services de proximité à la population du secteur dans une perspective de développement durable ».

« Quand tu fais du développement économique en implantant exactement les mêmes commerces qui existent déjà dans le secteur, je ne considère pas que c’est du développement durable, a soulevé Éric Larouche. Si ce n’est pas rentable, ce n’est pas durable et si ce n’est pas en complémentarité, ce l’est encore moins. »

Éric Larouche n’est pas contre le projet en tant que tel, mais se questionne sur la nécessité d’une nouvelle station-service.

« On serait bien contents de voir un projet complémentaire au nôtre, a-t-il confié. Ça va aider le secteur et ça va amener plus d’achalandage pour tout le monde. Ce serait hyper positif. Sauf que là, on va se retrouver avec trois stations-service et trois dépanneurs. Ça n’a pas de bon sens. »

Nutrinor et les Pétroles RL exploitent chacun une station service de l’autre côté de la rue, au coin du boulevard Talbot et de la rue du Boulevard à Laterrière.

+ ÇA RÉPOND AUX BESOINS, AFFIRME LE PROMOTEUR

(Myriam Arsenault) - Le promoteur Jean-Michel Tremblay est convaincu que son nouveau développement, Projet Sept, pourrait combler les besoins des Laterrois, en plus de mieux desservir la route 175. 

Le prometteur est persuadé que la demande pour une troisième station-service est là, en plus du besoin pour tous les autres services. « Nous sommes deux résidants de Laterrière et nous avons conduit une étude de marché afin de voir si le projet en valait vraiment la peine, et tout est positif », a expliqué le promoteur, en entrevue téléphonique avec Le Progrès. 

Ce centre multiservice compterait plusieurs unités. Au rez-de-chaussée, on retrouverait une pharmacie, un dépanneur, une station à essence libre-service avec un lave-auto manuel, une chaîne de restauration rapide et un restaurant à la carte. À l’étage du dessus, il y aurait un dentiste, une clinique médicale, une salle de réception et plusieurs locaux commerciaux, pour les entreprises présentement établies à Laterrière qui cherchent un emplacement plus moderne. 

Pour le prometteur, l’emplacement est très stratégique. « C’est la porte du Saguenay et du Nord. La clientèle qu’on recevrait proviendrait de tout le Québec et de l’Ontario. L’offre présente n’est pas adéquate pour la popularité de la route », a-t-il noté. 

En plus, il considère que les Laterrois ne sont pas desservis correctement pour les services de professionnels. « Les gens aujourd’hui n’ont pas toujours le temps de faire une vingtaine de minutes de route pour aller à leurs rendez-vous. » 

Son projet amènerait plusieurs soins médicaux, en plus de créer des emplois. « Des emplois étudiants, il n’en pleut pas à Laterrière. Les jeunes pourraient travailler près de chez eux», s’est-il réjoui.

Selon Jean-Michel Tremblay, si le projet n’est pas accepté complètement, il n’y a pas de projet.

Michel Potvin appuie Le Projet Sept

Le conseilleur municipal du secteur, Michel Potvin, appuie le Projet Sept. « C’est un projet ultra intéressant. C’est notre rôle au conseil d’évaluer les projets selon leur globalité et de voir si c’est dans l’intérêt des citoyens », a affirmé le conseiller, joint par Le Progrès. Selon lui, il y a 10 ans, le projet proposé n’était pas assez global, et c’est ce qui a mené à un référendum. « Cette année, le projet est plus intéressant, plus complet, et va certainement favoriser les gens de Laterrière », a-t-il assuré. Bien sûr, il comprend que le complexe ferait quelques déçus, mais il reste persuadé qu’il y a de la place pour tout le monde.