L'ex-directrice générale de la CS des Rives du Saguenay, Chantale Cyr.

319 105$ d’avocats... jusqu’à maintenant

Le procès pour harcèlement psychologique contre Chantale Cyr est loin d’être terminé, celui pour congédiement illégal n’est pas encore commencé, ni même la poursuite en Cour supérieure du Québec, mais la facture des frais d’avocats de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay s’élève à 319 105,45 $ jusqu’à maintenant.

Le Quotidien a pu obtenir, par le biais de la Commission d’accès à l’information du Québec, le montant des frais d’avocats envoyés à la CS des Rives-du-Saguenay depuis le début des procédures dans le dossier de l’ex-directrice générale.

Le dossier de Chantale Cyr est lancé depuis environ 18 mois. Les procédures devant le Tribunal administratif du travail du Québec devraient prendre fin en juillet. Le juge Guy Roy prendra ensuite le dossier en délibération.

Comme il reste encore deux autres dossiers à débattre devant un tribunal, soit le congédiement illégal et les poursuites civiles, la facture sera donc plus élevée. Chantale Cyr devrait réclamer ses propres frais d’avocats si elle a gain de cause pour les plaintes de harcèlement et le congédiement illégal.

« Je trouve effectivement que les frais sont onéreux, mais c’est la même chose pour chaque bureau d’avocats. J’aurais préféré prendre cet argent pour les services aux élèves, mais Mme Cyr a intenté des poursuites contre la commission scolaire et nous devons nous défendre. Nous ne pouvons le faire seuls », a expliqué Liz Gagné.

« Les sommes sont importantes, mais il faut savoir que nous sommes une grosse organisation et que nous avons des fonds prévus pour les services juridiques. Il y en a déjà eu pour un million de dollars sous Mme Cyr », a repris la présidente de la CS.

Celle-ci confirme que l’organisation a l’intention d’aller jusqu’au bout dans cette affaire, précisant que la médiation a été essayée, mais qu’il y a eu « une fin de non-recevoir ».

Nouvelle directrice

Par ailleurs, les commissaires ont appris, mardi soir, lors de la réunion du conseil des commissaires, que les discussions se poursuivent pour la signature du contrat de cinq ans confirmant la directrice générale par intérim, Johanne Allard, dans un poste permanent.

Le Quotidien avait publié l’information il y a deux semaines voulant que les élus avaient pris la décision de l’embaucher même si le dossier de Chantale Cyr n’était pas encore réglé devant le tribunal, ce qui avait soulevé certaines interrogations.

« Nous poursuivons nos négociations et le contrat pourrait être signé à la réunion du 25 juin », note Mme Gagné.

Procès

Quant au procès pour harcèlement qui se poursuivait mercredi devant le tribunal du travail, un commissaire-parent, Robert Tremblay, a expliqué les raisons pour lesquelles Chantale Cyr a été remerciée en mars 2018.

« Nous avions des reproches à lui faire notamment sur son approche avec le personnel, les dépenses de l’école du Millénaire et sur les 26 changements dans le personnel de direction », a précisé M. Tremblay.

En contre-interrogatoire, le commissaire-parent a avoué qu’il n’avait pourtant rien à reprocher à la directrice générale lorsque celle-ci est partie en congé de maladie en novembre 2017.

Il dit avoir reçu des informations, entre novembre 2017 et le 8 janvier 2018, voulant qu’il y avait des motifs pour prendre cette décision.

« J’ai rencontré Catherine Gagné et elle m’a parlé des problèmes sur le climat de travail et la façon de faire insoutenable de Chantale Cyr. Cela a confirmé ce que j’avais entendu dire. À partir de là, je ne pouvais plus me cacher la tête dans le sable », a ajouté le commissaire-parent.

Robert Tremblay a mentionné ne plus avoir de souvenirs sur la durée des discussions du congédiement de Chantale Cyr, ne se souvient pas des raisons pour laquelle il a appuyé des éléments reprochés à Mme Cyr, même si cela ne la concernait pas.

« Il est vrai que nous avions reçu l’information que nous ne devions pas parler travail avec Mme Cyr pendant son congé de maladie (elle a voulu se suicider), mais nous l’avons tout de même congédié », précisé M. Tremblay.