Le conseil municipal réuni au Vieux Théâtre de La Baie a adopté à l’unanimité, lundi soir, deux résolutions encadrant l’implication des gouvernements et organismes dans le projet d’approvisionnement en eau potable et de procédé de la Zone industrialo-portuaire du port de Grande-Anse.

30M$ pour la Zone industrialo-portuaire

Saguenay vient de franchir une étape importante pour approvisionner en eau potable et de procédé la Zone industrialo-portuaire (ZIP) de Grande-Anse puisqu’elle confie l’ensemble du projet à Développement Port Saguenay (DPS), une entité fédérale, tandis qu’Investissement Québec injectera 30 M $ dans les futures infrastructures, évitant ainsi aux contribuables d’avoir à assumer la note.

Le conseil municipal a adopté à l’unanimité, lundi soir, deux résolutions qui constituent le cadre dans lequel s’impliqueront les différents paliers de gouvernements et organismes destinés à mener à bon port le projet d’approvisionnement en eau de procédé nécessaire aux opérations des futurs projets industriels qui naîtront sur le terrain de l’Administration portuaire de Saguenay.

La première résolution confie à DPS la maîtrise d’oeuvre des travaux d’infrastructures pour desservir le territoire de la ZIP en eau potable, de procédé et les eaux usées. La société assumera l’ensemble des coûts de base des travaux et tous les frais nécessaires à leur réalisation. À l’échéance du projet, Saguenay deviendra propriétaire pour la somme de 1 $.

En ce qui a trait au volet financier, la mairesse a expliqué que Saguenay remboursera le 30 M $, capital et intérêts, provenant d’Investissement Québec à partir des revenus futurs de taxes foncières provenant des entreprises qui s’installeront sur la ZIP. Saguenay estime que cette façon de faire lui permettra de bénéficier de l’ensemble des retombées économiques tout en évitant les risques associés à la faillite des entreprises ou à l’abandon des projets que mènent actuellement Métaux BlackRock, GNL Québec ou d’autres grands développeurs industriels.

Parce que DPS est un organisme de juridiction fédérale, l’entente intervenue entre la Ville ainsi que les ministères des Affaires municipales, de l’Économie et de l’Innovation devra être approuvée par le gouvernement du Québec dans le cadre d’un décret d’autorisation.

Au plan technique, la mairesse a levé le voile sur les sources d’approvisionnement en eau qui seront mises à contribution pour alimenter Grande-Anse. Elle a mentionné que, présentement, une partie de l’arrondissement de La Baie fait face à une problématique d’eau dure et qu’il est hors de question d’utiliser l’aquifère du secteur Laterrière, un projet jugé inacceptable par la population. Elle a précisé que sur une base temporaire, les puits de La Baie serviront à approvisionner la ZIP de Grande-Anse. « Nous avons étudié 17 solutions différentes pour alimenter Grande-Anse. Le ministère nous a avisés qu’à moyen terme, il faudrait investir pour régler le problème de l’eau dure. Les puits de la ville seront utilisés pour alimenter la zone. »

Assemblage de bateaux

Toujours en lien avec le développement industriel, le secteur de l’Anse-à-Benjamin pourrait être le site d’accueil d’une nouvelle usine d’assemblage de bateaux-navette. Un projet de modification au zonage a été présenté au conseil afin d’accueillir une telle installation. Selon les renseignements obtenus, l’homme d’affaires Michel Lavoie, également propriétaire de l’entreprise Coupesag, caresserait un tel projet qui permettrait d’assembler et de mettre à l’essai sur la baie des Ha ! Ha ! ces navettes.

Règlements d’emprunt

En prévision du budget qui devrait être présenté entre le 15 et le 20 décembre prochain, Saguenay a présenté deux règlements d’emprunt totalisant 18 M $ qui serviront à financer le prochain plan triennal d’investissement. La mairesse Josée Néron a mentionné qu’en procédant ainsi, la Ville sera davantage en mesure d’assurer hâtivement les travaux au printemps prochain.

Par ailleurs, Saguenay a créé deux réserves financières de l’ordre de 5 M $ et 1 M $, respectivement destinées à financer le renouvellement des infrastructures de gestion des matières résiduelles et le développement culturel.

Vérificatrice générale

Le conseil a par ailleurs entériné lundi la nomination de Mme Sylvie Jean au poste de vérificatrice générale pour les sept prochaines années. Mme Jean bénéficiera d’une rémunération annuelle de 155 000 $ dans ses nouvelles fonctions.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a fait preuve de patience lors de la période de questions du public.

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LA STS ENCORE CRITIQUÉE

Les changements survenus dans la dernière année dans les circuits de la Société de transport du Saguenay (STS) continuent à faire grincer des dents certains usagers.

À l’occasion de la période de questions du public, les élus ont eu à affronter plusieurs citoyens venus se plaindre de la perte de qualité du service, qui, selon eux, va en empirant.

Le président de la STS, Marc Pettersen, a eu à expliquer les démarches avec certains d’entre eux ainsi que les aides consenties par le ministère des Transports pour favoriser le transport en commun. L’occasion était d’autant plus belle que le conseil avait à adopter le plan triennal d’investissement ainsi que le budget de l’exercice 2019. Les usagers devront assumer une hausse de 2 % des tarifs de passage. Le billet de passage régulier augmente de 30 cents pour s’établir à 3,50 $ tandis que le laissez-passer régulier mensuel passe de 68 à 70 $.

Le conseiller Michel Potvin s’est interrogé sur le fait que Saguenay investit 11 M$ annuellement pour le service et que les plaintes ne font qu’augmenter.

Outre ces récriminations, plusieurs citoyens sont intervenus au micro afin d’interroger le conseil sur ses positions concernant l’environnement et le développement durable versus les grands projets industriels présentement en gestation du côté de la ZIP de Grande-Anse.

En ce qui a trait au dossier de la pêche blanche, le conseil a demandé officiellement à Pêches et Océans Canada de réduire la juridiction qu’elle exerce sur la Baie des Ha ! Ha ! pour la limiter aux deux villages de pêche ainsi qu’à la zone de ski cerf-volant.