L'aire protégée proposée s'étend d'est en ouest au sud de la limite nordique des forêts sous aménagement.

3000 emplois dans la balance

La proposition de quatre groupes environnementaux de créer une aire protégée de 10 000 kilomètres carrés se traduira, selon les méthodes de calculs reconnues par le gouvernement du Québec, par la disparition de 3000 emplois et une perte d'activité économique de 200 M$ uniquement pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.
La Société pour la nature et les parcs du Québec (SNAP), le Regroupement québécois des conseils de l'environnement, Nature Québec et Boréalisation ont présenté cette semaine ce qu'ils considèrent une piste de solution pour régler la crise forestière affectant la région. Selon ces organismes, la création de l'aire protégée permettrait de satisfaire les critères de l'organisme de normalisation FSC et ainsi de reconduire les certificats de la papetière Résolu.
La solution en question remonte à 2006, alors que la SNAP avait déposé un projet d'aire protégée de 10 000 kilomètres carrés. Il s'agissait d'une réponse à la décision de Québec d'identifier l'aire protégée projetée de 952 kilomètres carrés des Montagnes blanches située en bonne partie au nord de la limite nordique de la forêt boréale commerciale.
Selon les cartes et documents retracés, le projet de la SNAP englobe principalement les forêts identifiées comme anciennes d'est en ouest sur les unités d'aménagement des papetières Résolu et Arbec. Globalement, même si cette proposition a été faite en l'absence de Greenpeace, l'aire protégée proposée s'inscrit en droite ligne avec ses revendications traditionnelles.
impacts importants
Pour ce qui est des impacts d'une telle solution, ils reposent sur des calculs relativement simples. Une aire protégée de 10 000 kilomètres carrés représente pas moins de 1 million d'hectares. Or, un hectare de forêt au Québec produit un mètre cube de bois. La possibilité forestière régionale serait automatiquement amputée d'un volume d'un million de mètres/cubes, ce qui correspond aux scieries de L'Ascension d'Arbec et Petit-Paris de Résolu, à Saint-Ludger-de-Milot.
Le Quotidien a tenté sans succès d'obtenir les commentaires de la compagnie Arbec qui évite en général les médias. L'entreprise, avec ses partenaires d'affaires, avait toutefois jugé nécessaire d'intervenir pour empêcher la Conférence régionale des élus de proposer que la région s'impose d'elle-même une réduction de la possibilité forestière de 300 000 mètres cubes de bois en créant une aire protégée dans la zone visée par la proposition des groupes environnementaux. Arbec prétendait que cette nouvelle réduction de ce volume allait provoquer la fermeture de la scierie de l'Ascension.
Comme en 2006
Il est intéressant de rappeler que la proposition de la SNAP de 2006 comprenait une aire protégée qui couvrait 10 000 kilomètres carrés uniquement en forêt boréale commerciale alors qu'il est démontré que le caribou circule sur de très longues distances et que 42 % de la forêt boréale continue est située au nord de la limite des unités d'aménagement.
La proposition des écologistes reprend d'autres éléments de la proposition de la défunte CRÉ avec la fusion des unités d'aménagement pour écrêter la possibilité forestière et ainsi la répartir en plus d'accentuer les travaux sylvicoles. Ces deux solutions ne permettent toutefois pas de contrer la baisse de la rentabilité des unités qui verront leur garantie d'approvisionnement diminuer avec une éventuelle mise en place d'aires protégées au sud de la limite des unités d'aménagement.
La mise en place de cette grande aire protégée aura les mêmes conséquences économiques pour la région que l'utilisation du seuil de perturbation maximal de 35 % recommandé par le gouvernement fédéral pour le plan canadien de rétablissement du caribou forestier.