L’an dernier, la chaufferie de la base militaire de Bagotville a subi une cure de rajeunissement, un projet de quelque 6 M$.

300 M$ en travaux à venir à Bagotville

Au courant des prochaines années, des travaux de 300 M$ en rénovation, mise aux normes et remplacement de bâtiment devront être réalisés à la base militaire de Bagotville, somme qui s’ajoute aux quelque 40 M$ annuels déjà prévus. Les entrepreneurs qui souhaitent profiter de l’occasion doivent se préparer plusieurs mois à l’avance afin d’obtenir une cote de sécurité industrielle nécessaire pour travailler dans les zones sécurisées de la base militaire.

Les contrats sont attribués par Construction de Défense Canada, une société d’État en charge de l’évaluation, de la planification, de la gestion et de l’attribution des contrats de construction et de réfection des installations militaires à travers le pays. La société d’État possède ses propres bureaux à la base de Bagotville, où travaille une équipe d’une trentaine de personnes.

Ces importants investissements, qui s’ajoutent au volume actuel de travaux annuels courants évalués à quelque 40 M$, font partie des mesures annoncées dans la nouvelle Politique de défense du Canada lancée en 2017.

« Cela fait partie de cycles normaux d’investissements. Les installations de la Marine et de l’Armée de terre ont été modernisées. Maintenant, c’est au tour des Forces aériennes », a souligné Richard Thibault, gestionnaire de site à la base militaire de Bagotville pour Construction de Défense Canada, rencontré dans les bureaux de la société d’État.

Des bâtiments, dont certains hangars construits en 1942, année de fondation de la base aérienne, auront besoin d’une cure de rajeunissement. Les nombreuses structures qui se sont ajoutées au fil des décennies suivantes devront également faire l’objet de travaux majeurs, entre autres. Le remplacement éventuel de la flotte de CF-18 demandera également une modernisation des équipements pour accueillir les nouveaux avions de chasse.

Cote de sécurité industrielle

Ne travaille pas qui veut, toutefois, dans les zones sécurisées de la base militaire de Bagotville. Les entrepreneurs qui souhaitent déposer une soumission en réponse à un appel d’offres doivent tout d’abord traverser un processus de certification de plusieurs mois afin d’obtenir leur cote de sécurité industrielle auprès du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes (voir autre texte). « Cela vise à protéger des renseignements délicats », a exposé M. Thibault.

Des entreprises de la région détiennent déjà leur certification, mais en raison de l’ampleur des besoins anticipés, le gestionnaire invite les entrepreneurs à entamer rapidement les démarches en ce sens.

« Nous souhaitons maximiser les retombées économiques des travaux dans la région, a-t-il souligné. [...] L’idéal, ce serait que presque 100 % des entreprises de la région obtiennent leur cote. »

Le gestionnaire sera d’ailleurs le conférencier du deuxième Rendez-vous économique organisé par la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, le 14 février, pour indiquer la marche à suivre aux entrepreneurs (voir encadré).

Une hausse du nombre d’entreprises détenant leur cote de sécurité industrielle permettra d’assurer une saine concurrence et de prévenir une pénurie de main-d’œuvre qui pourrait survenir dans les prochaines années, alors que le projet d’usine de deuxième transformation de Métaux BlackRock semble en voie de se réaliser sur les terrains du terminal portuaire de Grande-Anse, à La Baie.

Accompagnement

Si le processus de certification peut paraître intimidant aux yeux de certains, Richard Thibault souhaite cependant rassurer les entrepreneurs. Construction de Défense Canada accompagne les entreprises avant qu’elles ne fassent parvenir leur demande de certification au ministère.

« Nous les accompagnons tout au long du processus, car s’il manque un document ou une information, c’est le retour à la case départ et les délais de six mois deviennent alors 12 mois », a-t-il précisé.

Construction de Défense Canada est une société d’État qui assure la gestion des contrats de construction et de réfection des installations militaires à travers le pays. Une trentaine de personnes travaillent dans les bureaux de la base militaire de Bagotville.

TROIS NIVEAU DE COTE DE SÉCURITÉ

Trois niveaux de cote de sécurité peuvent être obtenus pour travailler dans les zones sécurisées de la base militaire de Bagotville, selon le type de projet, soit « fiabilité », « secret » et « très secret ».

Les soumissions liées à des travaux prévus dans la partie civile de la base militaire ne demandent cependant pas l’obtention d’une cote de sécurité industrielle.

Selon les projections de Construction de Défense Canada, environ 80 % des contrats à venir dans les prochaines années nécessiteront l’obtention d’une cote de sécurité industrielle de niveau « fiabilité » ou « secret ». Les 20 % des contrats restants concerneront la partie civile.

À titre d’exemple, l’obtention d’une cote de sécurité de niveau « fiabilité » peut prendre de quatre à six mois, tandis que de huit à douze mois peuvent être nécessaires pour l’obtention d’une cote de niveau « secret ».

L’entreprise, les employés, les entreprises de sous-traitance ainsi que leurs employés doivent passer au travers du processus de vérification.

Les casiers criminels font partie des éléments scrutés à la loupe. Toutefois, la condamnation d’un employé d’une entreprise pour conduite avec les facultés affaiblies, par exemple, n’empêchera pas un employeur d’obtenir la certification.

« Ce qui est évalué est tout ce qui peut mettre en péril la sécurité du Canada », a précisé Richard Thibault, gestionnaire de site à la base militaire de Bagotville pour Construction de Défense Canada. 

Trois niveaux de cote de sécurité peuvent être obtenus pour travailler dans les zones sécurisées de la base militaire de Bagotville, selon le type de projet, soit « fiabilité », « secret » et « très secret ».
Les soumissions liées à des travaux prévus dans la partie civile de la base militaire ne demandent cependant pas l’obtention d’une cote de sécurité industrielle.
Selon les projections de Construction de Défense Canada, environ 80 % des contrats à venir dans les prochaines années nécessiteront l’obtention d’une cote de sécurité industrielle de niveau « fiabilité » ou « secret ». Les 20 % des contrats restants concerneront la partie civile.
À titre d’exemple, l’obtention d’une cote de sécurité de niveau « fiabilité » peut prendre de quatre à six mois, tandis que de huit à douze mois peuvent être nécessaires pour l’obtention d’une cote de niveau « secret ».
L’entreprise, les employés, les entreprises de sous-traitance ainsi que leurs employés doivent passer au travers du processus de vérification.
Les casiers criminels font partie des éléments scrutés à la loupe. Toutefois, la condamnation d’un employé d’une entreprise pour conduite avec les facultés affaiblies, par exemple, n’empêchera pas un employeur d’obtenir la certification.
« Ce qui est évalué est tout ce qui peut mettre en péril la sécurité du Canada », a précisé Richard Thibault, gestionnaire de site à la base militaire de Bagotville pour Construction de Défense Canada.

Des contrats de 25 000 $ à 50 M$

« Les contrats que l’on donne vont de 25 000 $ à 50 M$ », a souligné Richard Thibault, gestionnaire de site à la base militaire de Bagotville pour Construction de Défense Canada, qui invite autant les petites entreprises que les entrepreneurs généraux en construction à soumissionner.

Les contrats disponibles concernent la maintenance, la peinture, la serrurerie, la conciergerie autant que la construction et la réfection de grands bâtiments. « Tous les corps de métiers sont là, pour chacune des étapes », a indiqué le gestionnaire.

Chaque année, la base militaire de Bagtoville fait affaire avec des entrepreneurs généraux en construction, des entreprises de sous-traitance, des fournisseurs, des entreprises de services et des entreprises de spécialité. Les contrats d’envergure ne peuvent toutefois être fractionnés, a précisé M. Thibault.

Deuxième Rendez-vous économique

Richard Thibault, gestionnaire de site à la base militaire de Bagotville pour Construction de Défense Canada, sera le conférencier invité du deuxième Rendez-vous économique organisé par la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, qui aura lieu le 14 février en avant-midi à l’hôtel Le Montagnais.

L’événement débutera par un déjeuner-conférence qui sera suivi de rencontres individuelles de quelques minutes de type « be to be ». Les entrepreneurs pourront rencontrer M. Thibault, tandis qu’une autre salle sera réservée aux gestionnaires de projet qui pourront rencontrer le coordonnateur Jonathan Tremblay pour obtenir des renseigments techniques.

Les personnes qui souhaitent s’inscrire ont jusqu’à lundi prochain pour le faire.