300 000 $ en bonus pour les travailleurs des Serres Toundra

Les travailleurs des Serres Toundra ont reçu 300 000 dollars en bonus, au cours de la dernière année. De cette somme, 214 000 $ sont allés aux travailleurs immigrants, qui travaillent selon les mêmes règles édictées par la convention collective.

« Les meilleurs travailleurs dans les serres peuvent faire jusqu’à neuf dollars de l’heure en bonus en plus de leur salaire horaire de 12,59 $, lance Daniel Leblond, président de la section locale du syndicat Unifor. Il n’y a pas de distinction de salaires entre les travailleurs étrangers et les travailleurs locaux. »

« Tous les travailleurs dans les serres vont chercher des bonus », ajoute fièrement Éric Dubé, président des Serres Toundra, avant d’ajouter que 10 % des travailleurs engrangent plus de 10 000 dollars de bonus au cours de l’année, ce qui représente 192 dollars par semaine.

Pour chaque tâche dans les serres, que ce soit pour couper les feuilles, récolter les concombres ou autre, un travailleur se voit attribuer une section qui lui est exclusive, explique ce dernier. « Certains qui travaillent plus vite que d’autres reçoivent les bonus en conséquence », dit-il.

En ce qui a trait au travail d’emballage, le travail est plutôt collectif. L’impact individuel de chaque travailleur est plus difficile à déceler et c’est pourquoi le salaire est plus élevé (14,11 $/h), note M. Dubé avant d’ajouter que ces travailleurs méritent également des bonus à la production, mais généralement moins élevés que les travailleurs dans les serres. Selon les tâches à effectuer, les salaires peuvent même dépasser 22 $/h.

Le travail effectué par les travailleurs guatémaltèques, qui représentent près de 75 % de la centaine d’employés, est indispensable au fonctionnement des serres, souligne Daniel Leblond. « Ils sont super vaillants et super fins et 90 % des gens reviennent travailler après une première expérience », confie l’homme qui aimerait bien voir certains de ces travailleurs immigrer au pays pour qu’ils s’établissent dans la région.

Lors du démarrage des serres, la rétention de la main-d’œuvre a été beaucoup plus difficile, car certaines personnes n’aimaient pas ça et d’autres n’étaient pas faits pour ce type de travail, ajoute-t-il.

« Maintenant, le taux de roulement est beaucoup plus faible », souligne le président du syndicat local qui souhaite recruter davantage de travailleurs de la région pour maximiser les retombées locales. Il note par ailleurs que plusieurs entreprises serricoles au pays embauchent plus de 90 % de travailleurs immigrants.

Alors qu’il était possible pour les travailleurs qui le souhaitaient de travailler sans journée de congé sur de longues périodes de temps, tous les travailleurs ne pourront pas travailler plus de six jours par semaine à compter de 2019.

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QUELQUES CHIFFRES

Salaires aux Serres Toundra

• Conducteur de chariot élévateur : 18 $/h

• Entretien ménager la nuit : 17 $/h

• Dans l’entrepôt : 14,11 $/h plus bonus

• Dans les serres : 12,59 $/h plus bonus

• Le salaire est bonifié de 50 % après 10 heures de travail

Salaire moyen pour un ouvrier de serre selon Statistique Canada : 13,65 $/h

Question de bonus

• 100 % des travailleurs dans les serres ont des bonus

• 10 % des travailleurs font plus de 10 000 $ en bonus

• 20 % des travailleurs font plus de 5000 $ en bonus

• 300 000 $ de bonus distribués en 2018, dont 214 000 $ aux travailleurs immigrants

Retombées des Serres Toundra

• Plus de 2 millions $ en contrats pour les entreprises locales

• Les travailleurs immigrants ont dépensé plus de 750 000 dollars en dépenses de tout genre en 2018

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PRÉCISION

Étant donné que les Serres Toundra travaillent selon les règles édictées par une convention collective, les travailleurs étrangers gagnent le même salaire et possèdent les mêmes avantages que les travailleurs québécois. C’est seulement lorsqu’il n’y a pas de convention collective que le salaire doit être approuvé par le gouvernement du Québec, selon le Guide des salaires par profession d’Emploi-Québec. Ce salaire ne peut jamais être inférieur au salaire minimum au Québec.