La conseillère municipale, membre du comité de prévention des incendies et présidente du comité de développement durable, Véronique Fortin, le maire d’Alma, Marc Asselin, et le directeur du Service de prévention des incendies de la Ville d’Alma, Bernard Dallaire, ont modifié la coupe du traditionnelle du ruban lors de l’inauguration de la Caserne Antoine-Lavoie.

2,9 M$ pour caserne «verte» à Alma

La Caserne Antoine-Lavoie d’Alma est maintenant une référence provinciale en son genre. L’investissement de 2,9 millions $ qui provient presque totalement des fonds de la ville a permis l’agrandissement et l’aménagement du bâtiment de la rue Notre-Dame Ouest tout en faisant de lui un exemple de développement durable.

C’est au son de la cornemuse que l’inauguration du bâtiment fraîchement rénové s’est amorcée, mardi matin. Des élus de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, plusieurs pompiers et des enfants d’Antoine Lavoie, qui a dirigé le corps de policiers-pompiers de 1953 à 1978, assistaient à l’inauguration. 

Les travaux échelonnés sur une période de 12 mois ont permis d’ajouter 3000 pieds carrés à l’espace qui compte maintenant deux étages. Une quatrième porte utilisée par les unités a été ajoutée à l’avant et à l’arrière de la construction alors que les équipements y sont maintenant centralisés.

Le maire d’Alma, Marc Asselin, est d’avis que les ajouts apportés à la caserne permettront d’intervenir plus rapidement en plus d’offrir aux pompiers un milieu de travail conforme aux normes en vigueur. « C’est un agrandissement important qui répond au modernisme d’aujourd’hui et aux exigences environnementales qui sont de plus en plus importantes », a-t-il mentionné avec fierté.

Les nouveaux aménagements de la caserne d’Alma permettront d’offrir un meilleur service à la population almatoise. Certaines municipalités avoisinantes en bénéficieront également alors que les pompiers d’Alma sont appelés à s’y rendre, selon certaines ententes. Les services offerts s’étendent jusqu’à Larouche et même sur la route 169 comprise entre Hébertville et la jonction de la route 175, mieux connue sous le nom de petit parc des Laurentides.

Bâtiment écoénergétique

La construction moderne met à l’avant-plan l’utilisation du bois. Le bâtiment conçu selon les normes actuelles comprend des panneaux solaires accolés au mur sud qui permettront de chauffer l’air entrant. La conseillère municipale membre du comité de prévention des incendies et présidente du comité de développement durable, Véronique Fortin, assure que l’investissement devrait être rentabilisé d’ici six ans. 

Soulignons que les travaux d’agrandissement ont été réalisés, au cours des 12 derniers mois, à travers les opérations quotidiennes des employés de la caserne. Le directeur du Service de prévention des incendies de la Ville d’Alma, Bernard Dallaire, a tenu à souligner la collaboration des employés ainsi que du contremaître général qui ont permis le maintien des activités.

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LA SEULE AU QUÉBEC QUI RÉCUPÈRE L'EAU DE PLUIE

Le caractère unique de la Caserne Antoine-Lavoie d’Alma est observable en de nombreux points, notamment sous terre. La nouvelle construction comprend un système de récupération de l’eau de pluie utilisée pour le remplissage des unités et les exercices de maintien des compétences, une première au Québec. 

Le projet novateur, qui comprend un réservoir de 5000 gallons (plus de 22 000 litres), a obtenu une subvention de 27 800 $ provenant du programme d’infrastructure qu’est le Fonds municipal vert du Québec, couvrant ainsi 50 % des coûts de réalisation des travaux. Seulement quatre autres initiatives provenant de municipalités québécoises ont obtenu un financement du genre, cette année. 

Le système qui récupère l’eau du toit pourrait, selon les estimations, permettre d’atteindre une économie 207 000 litres annuellement.

Moins d’eau sera utilisée lors de pratiques et lors du maintien des compétences des pompiers puisque le réservoir permet de réutiliser l’eau. 

Formation 12 mois par année

En plus d’économiser considérablement l’eau potable, le projet permet de prolonger la période de formation qui est offerte à des pompiers de l’ensemble de la région. 

« On a pensé au réservoir parce qu’en saison hivernale, on ne peut plus pratiquer. Cela nous permet de faire du maintien de compétences 12 mois par année », explique le directeur du Service de prévention des incendies de la Ville d’Alma, Bernard Dallaire. 

« Plus ils feront d’entraînement, plus des gens de l’extérieur vont venir s’entraîner ici, plus il y a aura une grande économie d’eau », ajoute le concepteur du projet, l’ingénieur Alexandre Bouchard. 

Le système permet également d’assurer, 12 mois par année, la qualification professionnelle qui est faite par le Service de prévention des incendies de la Ville d’Alma, qui est un pôle régional de l’École nationale des pompiers du Québec (ENPQ).
Il s’agit d’un atout puisqu’en période hivernale, un arrêt se fait sur l’ensemble du territoire québécois.

Bernard Dallaire est convaincu que c’est son passé de formateur qui l’a amené à penser à un projet permettant le maintien de compétences sur une base annuelle.

Innovation peu coûteuse

Motivé par le désir de trouver des solutions énergétiques et d’économie d’eau pour ses clients, Alexandre Bouchard recherche également des idées réalisables à faible coût. 

« Je cherche tout le temps à ce que ça coûte le moins cher possible. Je veux que ça se répète par la suite. Dans ce cas, l’agrandissement permettait de le faire à peu de coûts. Les travaux obligeaient le déplacement du pluvial du toit et la dalle de béton devait être refaite. Le projet a été intégré aux travaux d’agrandissement et il est maintenant intégré au système », précise M. Bouchard.

Le concepteur du projet souligne la volonté de la ville qui y a cru dès le début. 

Le directeur du Service de prévention des incendies de la Ville d’Alma, Bernard Dallaire, pose en compagnie du concepteur du projet de réservoir d’eau, l’ingénieur Alexandre Bouchard.

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L'EAU DOIT ÊTRE PLUS UTILISÉE, DIT L'INGÉNIEUR

Spécialisé en efficacité énergétique et en développement durable, l’ingénieur Alexandre Bouchard aimerait travailler sur davantage de projets similaires à celui de la caserne Sud du Service de prévention des incendies d’Alma. 

Son expertise l’a amené à développer plusieurs systèmes de récupération de l’eau de pluie, notamment en aréna. L’un de ses projets pour les besoins d’une surfaceuse à glace a même été une première canadienne. commotion

« J’en fais régulièrement, mais pas assez à mon goût. Pourquoi ? Parce qu’on ne paye pas l’eau, c’est aussi simple que ça. Les gens pensent qu’on ne paye pas l’eau, mais tout le monde la paye à travers ses taxes. Selon les municipalités, c’est entre 25 cents et 1 $ le mètre cube d’eau. C’est faux de dire que l’on ne paye pas l’eau », explique celui qui est directeur des bureaux au Saguenay de la firme de génie Martin Roy et Associés.

Alexandre Bouchard est d’avis que les programmes de subventions facilitent l’acceptation des idées auprès de ses clients. 

Habitué de travailler dans le domaine public, l’ingénieur cite une piste de solution. Il aimerait voir naître une politique de l’eau comparable à la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics. Celle-ci consiste à allouer environ 1 % « du budget de construction d’un bâtiment, ou d’aménagement d’un site public, à la réalisation d’œuvres d’art précisément conçues pour ceux-ci ». 

« Pour qu’il y a ait des changements, ça prend des politiques, des subventions ou des normes plus strictes », conclut-il. 

Afin d’en assurer son utilisation maximale, des colonnes d’eau ont été placées à la portée des gens afin qu’ils aient le réflexe d’utiliser l’eau du réservoir.

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EN CHIFFRES

207 000

litres d’eau en économie annuelle

5000

gallons (22 000 litres) de capacité dans le réservoir, ce qui permet de remplir une dizaine de camions

9000

litres – la quantité d’eau qu’une pluie de fort débit permet d’ajouter au réservoir en 30 minutes