Marie-Claude Morin et Yves Ntetu se sont plongés dans la peau de sans-abri, le temps d’une journée, mardi, au centre-ville de Chicoutimi.
Marie-Claude Morin et Yves Ntetu se sont plongés dans la peau de sans-abri, le temps d’une journée, mardi, au centre-ville de Chicoutimi.

24 heures dans la peau de sans-abri: « C’est pas une belle vie »

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Yves Ntetu s’est plongé de nouveau dans la peau d’un sans-abri, une expérience de 24 heures que l’entrepreneur a renouvelée mardi au centre-ville de Chicoutimi en voulant attirer cette fois l’attention sur les défis de l’itinérance au féminin.

Marie-Claude Morin, technicienne en éducation spécialisée, s’est jointe à lui cette année. Le duo, qui a débuté sa journée vers 8 h 30, se plongeait dans la peau de sans-abri jusqu’à mercredi matin afin de sensibiliser la population à la réalité de l’itinérance en région.

Ils tentaient tous deux de trouver des ressources pour se nourrir et un toit pour dormir, tout en cherchant des endroits où se réchauffer pendant la journée.

« Ça fait juste une couple d’heures que je suis dehors, mais eux [les sans-abri], c’est 24 heures sur 24, sept jours sur sept, a lancé Mme Morin, en entrevue avec Le Quotidien, mardi en après-midi. [...] C’est pas une belle vie, c’est pas par choix qu’on choisit de vivre dans la rue. »

Elle et M. Ntetu tentaient alors de trouver un abri du vent, près de l’Hôtel du Fjord.

N’ayant pas encore identifié une ressource pouvant venir en aide aux femmes sans-abri, Mme Morin disait ignorer à ce moment où elle passerait la nuit, la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi étant réservée aux hommes.

Marie-Claude Morin avait pu payer son repas du midi à la Soupe populaire de Chicoutimi en quêtant auprès de passants, dont certains l’ont rejetée en étant « à la limite désagréable ». « J’ai trouvé ça difficile », a partagé celle qui espère que cette expérience permettra de faire réfléchir la population.

Yves Ntetu a souligné pour sa part qu’il découvrait de nouvelles ressources à l’occasion de cette seconde journée dans la peau d’un sans-abri. « On est quand même organisés en région, mieux qu’en ville, pour les services », a-t-il indiqué, en donnant pour exemple le service de dépannage alimentaire offert par la Soupe populaire de Chicoutimi.

Yves Ntetu, propriétaire de Boyaux Saguenay, avait décidé de passer une première journée dans la peau d’un sans-abri, en janvier 2019, après avoir été confronté au phénomène de l’itinérance au sein de l’entreprise.

M. Ntetu, propriétaire de Boyaux Saguenay, avait décidé de passer une première journée dans la peau d’un sans-abri, en janvier 2019, après avoir été confronté au phénomène de l’itinérance au sein de l’entreprise, alors que des sans-abri souhaitaient aller s’y réchauffer.

Si l’entrepreneur n’accepte toujours pas aujourd’hui que des sans-abri pénètrent dans le commerce, il affirme que l’itinérance est devenue la cause sociale de l’entreprise, qui s’implique de différentes manières. Un événement, en partenariat avec la Soupe populaire de Chicoutimi, est notamment prévu le 20 juin au centre-ville de Chicoutimi.