L’enseignante, Chantale Potvin, accompagnée de ses élèves.

21 élèves, 21 récits et 21 solutions

Avez-vous déjà été victime d’intimidation ? Lorsqu’on pose cette question à des jeunes du secondaire devant leurs pairs, la réponse est souvent unanime : non. Mais pris individuellement, ils sont nombreux à avoir déjà reçu une remarque désobligeante qui les a blessés.

Enseignante au secondaire à la Cité étudiante de Roberval, Chantale Potvin fait de l’intimidation son cheval de bataille depuis plusieurs années. Elle reçoit des confidences presque chaque semaine de ses élèves et c’est ce qui l’a poussée à agir.

« J’ai moi-même été victime d’intimidation avec ma tache au visage quand j’étais plus jeune, mais ça s’arrêtait une fois rendue chez moi. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, ça ne finit plus. C’est important d’intervenir pour que ça cesse », croit celle qui enseigne depuis maintenant 26 ans.

Chaque année, elle demande à ses élèves d’écrire un conte sous un seul et même thème. Elle a choisi celui de l’intimidation cette année. Parmi les critères à respecter, l’histoire devait se terminer sur une note positive.

Shan-Lee Jean-Pierre a déjà été victime d’intimidation. Il a écrit un récit mettant en vedette un chien qui est la cible de commentaires désobligeants

En parler pour grandir

Shan-Lee Jean-Pierre, qui habite à Roberval, mais qui appartient à la communauté d’Obedjiwan, a eu du mal à trouver une idée de départ. Il s’est pourtant déjà fait intimider lorsqu’il habitait à Chicoutimi. Le jeune homme a finalement choisi un chien pour incarner son personnage principal. 

« Quand ça m’est arrivé [de me faire intimider], j’ai rencontré la directrice de mon école et d’autres personnes et ç’a m’a vraiment aidé. Il faut toujours dénoncer. Même si on pense que c’est “stooler”, ce n’est pas “stooler” », assure le jeune Atikamekw de troisième secondaire. Dans son récit, Rocky se confie à une amie et le village où il habite finit par comprendre que « rejeter autrui, c’est mal ».

Pour sa part, Élie Blackburn, un collègue de classe de Shan-Lee, espère que leurs contes mèneront à des solutions concrètes. 

« C’est un premier pas, ça fait en sorte qu’on en parle », estime-t-il. 

Les jeunes s’entendent d’ailleurs pour dire qu’à leur école, il y a beaucoup d’aide pour les victimes d’intimidation. 

Leurs récits ont été rassemblés et imprimés dans un petit recueil en noir et blanc. Il a été remis à des enfants malades de l’hôpital de Roberval.