Saguenay devient la première ville à utiliser le Système métrique urbain

Pour Saguenay, avec son territoire particulier et son aire urbaine, l'utilisation du Système métrique urbain vient ajouter un outil dans le choix de ses actions en lien avec la révision du plan d'urbanisme.

La Ville de Saguenay devient la première au monde à se doter du Système métrique urbain. Développé par le professeur émérite Luc-Normand Tellier de l’UQAM et son équipe, il s’agit d’un outil d’aide à la décision qui permettra d’orienter les décisions quant au développement du territoire.


Le nouveau système, créé en 2020, a été présenté mercredi matin, à l’hôtel de ville, par le directeur général de Saguenay, Gabriel Rioux, M. Tellier lui-même et Marc-Urbain Proulx, professeur en économie à l’UQAC.

« Au moment où la Ville de Saguenay entreprend la révision de son plan d’urbanisme, quatre mois après l’adoption de son schéma d’aménagement et de développement révisé, nos équipes de professionnels bénéficient d’un soutien précieux. Grâce à l’application du Système métrique urbain, Saguenay pourra désormais mesurer objectivement l’évolution de son aire urbaine et de sa zone d’influence. La Ville de Saguenay se dote ainsi d’un tableau de bord de son urbanisation qui rend la comparaison possible avec d’autres aires urbaines du Québec et d’ailleurs », a d’abord expliqué Gabriel Rioux.

Luc-Normand Tellier, professeur émérite au département des études urbaines et touristiques de l'UQAM, a présenté le Système métrique urbain en compagnie du directeur général de Saguenay, Gabriel Rioux, et de Marc-Urbain Proulx, professeur au département des sciences économiques et administratives de l'UQAC.

En résumé, le nouvel outil permet de voir où se situe le centre « mathématique » de la Ville – pour Saguenay, il se trouve sur la rue Saint-Dominique est, à Chicoutimi – d’évaluer l’attrait ou non vers ce centre, de voir dans le temps si le centre bouge, et si oui, de quelle façon, d’évaluer l’étalement urbain et de comprendre quel est le territoire qui fait partie de l’aire urbaine de Saguenay, a énuméré M. Tellier.

Pour connaître l’emplacement du centre mathématique, des facteurs tels que les zones peuplées, leur densité, l’emploi et l’accès au transport en commun sont utilisés. « Les données ainsi obtenues donneront des indicateurs mesurables permettant d’évaluer l’aménagement du territoire et l’urbanisation », explique la Ville. Et grâce à un modèle mathématique commun, sans utiliser les frontières traditionnelles, administratives ou politiques, il est possible pour Saguenay de se comparer avec d’autres villes comme Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sudbury et Toronto.

« Les données qu’on avait n’étaient pas basées sur un calcul mathématique de la situation, comme on peut désormais l’avoir avec l’application du Système métrique urbain. De ce point de vue, c’est une avancée considérable, on ne nage plus dans le flou. […] En termes de gestion de l’urbanisation, il n’y avait pas d’outil jusqu’ici qui nous permettait de bien mesurer. »

—  Gabriel Rioux, directeur général de Saguenay

Pour Marc-Urbain Proulx, il s’agit d’un outil dynamique dont peut maintenant bénéficier la Ville.

« C’est dynamique, ce n’est pas statique. L’outil que Luc-Normand a conçu, c’est pour saisir cette dynamique-là. Grosso modo, on connaît les grandes tendances, mais évidemment, l’érosion des centres-villes, c’est une grande tendance, l’étalement urbain, mais l’érosion aussi de plusieurs villages et de petites municipalités parce que la population s’en va dans des villes, des agglomérations. Alors, l’outil permet de mieux saisir ça, de façons mathématique et scientifique. Maintenant, c’est aux villes, aux services d’urbanisme, aux élus de se servir de cet outil-là comme diagnostic, comme suivi, comme outil pour mieux maîtriser les forces qui sont en jeu », a-t-il déclaré.

Sur le plan financier, M. Proulx rappelle que tout aménagement du territoire a des coûts, notamment en ce qui concerne l’établissement de rues et des systèmes d’aqueduc ou le transport en commun. « Un outil comme ça aide à pouvoir voir les conséquences de tel ou tel développement ou aménagement avant de prendre la décision. C’est un outil qui peut aider à être plus rationnels, et ainsi optimiser le rapport-bénéfice du développement urbain », ajoute-t-il.

L’acquisition de cet outil représente un montant de 25 000 $ pour Saguenay. Comme l’équipe de la Ville compte déjà sur des géomaticiens à l’interne, il sera possible pour eux d’utiliser ce modèle. Et si M. Rioux en a entendu parler, c’est que M. Tellier a été son professeur lors de ses études en urbanisme.

En octobre prochain, le professeur Tellier se rendra au Centre de recherche de la Commission européenne, à Bruxelles, pour présenter le résultat de ses travaux.