Le Saguenay-Lac-Saint-Jean deux fois dans le palmarès des pires routes de CAA-Québec

La route Madoc est en mauvais état, ce qui est souligné par les automobilistes dans le palmarès des pires routes du Québec de CAA-Québec.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est très bien représenté dans l’édition 2023 du palmarès des pires routes du Québec de l’organisme CAA-Québec. La route des Fondateurs à Larouche (3e) et la route Madoc (6e) ont trouvé place dans le huitième classement annuel établi par les automobilistes.


C’est la première fois depuis 2019 qu’une route régionale se retrouve dans le top-10, mais la route des Fondateurs, qui relie Larouche à Lac-Kénogami, est habituée de ce palmarès, s’y retrouvant dans la liste régionale pour une troisième année consécutive. Le boulevard Saint-Jean-Baptiste, entre Chicoutimi et La Baie, complète le podium régional. Les automobilistes ont identifié la rue Georges, à Gatineau, comme la pire route au Québec.

Le vote s’est déroulé du 12 avril au 8 mai 2023 sur le portail piresroutes.com. Tous les usagers de la route (automobilistes, cyclistes, piétons, camionneurs, etc.) pouvaient faire un signalement et un seul vote par route par jour par usager était permis. Au total, 5771 votes ont été comptabilisés au cours de l’exercice 2023. «Année après année, la campagne Les pires routes demeure un porte-voix unique en son genre pour les Québécois et Québécoises qui demandent des infrastructures sécuritaires, et surtout, en bon état. De plus, lorsqu’on le compare à celui du reste du pays, le réseau routier québécois fait piètre figure. Ce constat n’est pas étonnant, puisque selon le Plan québécois des infrastructures 2023-2033, seulement 56 % du réseau routier supérieur de la province est en bon état. Ce pourcentage exclut les réseaux routiers municipaux », note organisme à but non lucratif dans un communiqué.



Pour les spécialistes Alan Carter et Guy Doré, malgré la perception populaire, même si l’état des routes peut différer d’une province à l’autre, la situation reste quand même similaire.

« Ainsi, entre 15 % et 25 % des chaussées sont en mauvais ou très mauvais état. C’est trop, mais ces chiffres sont en baisse. Il est, toutefois, important de mentionner qu’une analyse globale du réseau canadien est difficile à effectuer puisqu’il n’y a pas de base de données et que les critères de qualité diffèrent d’une province à l’autre », résume Alan Carter, professeur et responsable du laboratoire sur les chaussées et les matériaux bitumineux à l’École de technologie supérieure (ÉTS).

«Les quelques études sur le sujet placent tout de même le Québec en queue de peloton en comparaison avec les autres provinces. Or, il faut être prudent sur ces statistiques puisque les provinces et territoires n’ont pas tous les mêmes façons d’établir et de rapporter l’état des routes », poursuit Guy Doré, professeur titulaire à la Faculté de génie civil de l’Université Laval.

Les deux experts identifient le trafic lourd et le climat comme les deux éléments responsables de la dégradation des chaussées. Les voitures et les abrasifs auraient peu d’impacts selon eux. « En général, les routes locales sont plus affectées par les effets du climat, notamment le gel et le dégel. Les autoroutes et routes nationales sont davantage affectées par les effets des véhicules lourds. Les sols sont aussi un facteur important. Certains, plus sensibles au gel et à l’eau, causeront davantage de dommages », explique Guy Doré qui comme son collègue, pointe également le manque d’entretien des infrastructures, particulièrement en milieu rural.