2018: une année de surprises politiques

L’actualité régionale du Saguenay–Lac-Saint-Jean a été marquée par un changement politique inédit et à l’image de celui qui a frappé le Québec entier, en 2018.

La prise de pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault a surpris la province, mais aussi la région, qui est aujourd’hui représentée par une majorité de caquistes, exception faite du péquiste Sylvain Gaudreault dans Jonquière.

L’année 2018 était aussi la première année de la mairesse Josée Néron à la tête de Saguenay. Cette dernière a connu sa part de difficultés au fil des douze derniers mois, notamment dans le dossier du centre Georges-Vézina et celui des bacs bruns.

Au niveau fédéral, la région peut se targuer d’avoir reçu un nombre de visites quasi record d’un premier ministre canadien l’an dernier. Malgré les efforts de Justin Trudeau, c’est toutefois l’ancien entraîneur des Saguenéens de Chicoutimi, le conservateur Richard Martel, qui a aisément remporté l’élection partielle dans Chicoutimi–Le Fjord, tenue afin de combler le siège laissé vacant après la démission du libéral Denis Lemieux à la fin 2017. Ce dernier s’est d’ailleurs recyclé en tant que directeur général de Promotion Saguenay en juillet, avant de démissionner à peine quelques mois plus tard.

Le Quotidien vous propose un survol des dix principales nouvelles qui ont marqué les 52 dernières semaines.

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LE BAC BRUN FAIT COULER DE L'ENCRE

La décision de Saguenay de préférer le bac brun aux autres options pour faire la collecte des matières organiques a soulevé les passions au cours de la dernière année, d’abord pour le coût du règlement d’emprunt pour se doter des bacs, qui s’élève à plus de 5,5 M $ pour Saguenay. Confrontée au mouvement de grogne qui s’est élevé de Jonquière à La Baie, la Ville a dû ouvrir un registre afin de permettre aux citoyens d’exprimer leur opposition. Pour forcer un référendum sur l’adoption du règlement d’emprunt, plus de 8022 signatures étaient nécessaires, mais seulement 6807 citoyens ont apposé leur nom au bas du registre accessible à un seul endroit, à Chicoutimi. Le chef du Parti des citoyens de Saguenay, Dominic Gagnon, qui avait dénoncé le bac brun au cours de la course à la mairie en 2017, a mené la charge, allant même jusqu’à payer de la publicité pour inciter les gens à voter contre le projet. 

Un sondage réalisé entre le 7 et le 12 juin par Segma Recherche pour le compte de Radio-Canada et du Quotidien avait toutefois démontré que six citoyens sur dix étaient d’accord avec la décision de Saguenay d’y aller avec le bac brun.

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DENIS LEMIEUX DÉMISSIONNE DE PROMOTION SAGUENAY

Après des mois tumultueux marqués par une coûteuse séparation avec l’ancien directeur général de Promotion Saguenay Ghislain Harvey, c’est finalement l’ex-député de Chicoutimi–Le Fjord Denis Lemieux qui a été nommé DG de l’organisme, en juillet, après l’intérim assuré par Arthur Gobeil. La nomination de l’homme d’affaires a été entérinée par le conseil municipal de Saguenay sur la recommandation d’un comité de sélection. Denis Lemieux avait pourtant démissionné de ses fonctions de député fédéral à mi-mandat, quelques mois auparavant, pour des raisons familiales. L’association entre l’homme d’affaires et l’organisme paramunicipal n’a finalement pas duré longtemps. En octobre, soit quatre mois après son entrée en fonction, il a démissionné à nouveau, cette fois pour des raisons de santé, a fait savoir le cabinet de la mairesse par voie de communiqué. C’est le directeur développement commercial et services chez Promotion Saguenay, Patrick Bérubé, qui a par la suite pris la place de Denis Lemieux à la tête de Promotion Saguenay. 

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LA RÉGION PASSE AUX MAINS DE LA CAQ

Pour la première fois depuis belle lurette, la région a élu des députés issus d’un parti autre que le Parti libéral du Québec (PLQ) ou que le Parti québécois (PQ). La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault a d’abord raflé trois sièges sur cinq au Saguenay–Lac-Saint-Jean au lendemain du 1er octobre. Andrée Laforest (Chicoutimi), François Tremblay (Dubuc) et Éric Girard (Lac-Saint-Jean) ont tous trois délogé le PQ de circonscriptions considérées depuis longtemps comme des châteaux forts souverainistes. Nouvelle venue en politique, Andrée Laforest s’est vue confier le prestigieux mandat de ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, en plus du titre de ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Sylvain Gaudreault (Jonquière) a été l’un des dix péquistes à survivre au tsunami Legault au Québec. Le premier ministre sortant, Philippe Couillard, a d’abord été réélu dans Roberval, mais devant le constat d’échec de sa formation, il a choisi de démissionner de ses fonctions de député trois jours plus tard. Une partielle, qui s’est tenue le 10 décembre, a ensuite conféré un quatrième député à la CAQ, quand l’ex-conseillère municipale de Roberval Nancy Guillemette a facilement été élue, devenant ainsi la 75e députée de la CAQ à l’Assemblée nationale. 

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TRUMP ET COMPAGNIE À BAGOTVILLE POUR LE G7

À l’occasion du Sommet du G7 tenu à La Malbaie, dans Charlevoix, les dirigeants les plus puissants de la planète ont posé le pied au Saguenay–Lac-Saint-Jean, à l’aéroport de Bagotville. Le bref passage du président américain Donald Trump et de son imposant entourage en sol saguenéen, le 8 juin, a marqué les esprits. En effet, le controversé personnage a posé les pieds pour la première fois en sol canadien en tant qu’homme le plus puissant du monde, ici même, à Saguenay. La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a eu droit à de bons mots de M. Trump lors de son arrivée à Bagotville. Ce dernier lui aurait dit qu’elle avait « bonne réputation » lors de leurs salutations. Outre Donald Trump, plusieurs dirigeants ont atterri à Bagotville, dont Theresa May (Royaume-Uni), Angela Merkel (Allemagne), Shinzo Abe (Japon), Giuseppe Conte (Italie) et Jean-Claude Juncker (Commission européenne). 

Pour ce qui est du sommet en tant que tel, dès qu’il a quitté le Canada, le président Trump a immédiatement désavoué le communiqué commun qui venait d’être publié par les dirigeants du G7, qualifiant au passage le premier ministre Justin Trudeau de « faible » et de « malhonnête » sur Twitter. 

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UN GRAND JOURNALISTE NOUS QUITTE

Le doyen des journalistes du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Bertrand Tremblay, s’est éteint le 28 septembre à l’âge vénérable de 89 ans. Le journaliste a oeuvré pendant pas moins de 68 ans dans l’univers médiatique régional, notamment dans les pages du Quotidien, où il écrivait toujours des chroniques au cours des dernières années de sa vie. Fondateur du Cercle de presse de Saguenay, M. Tremblay avait tiré sa révérence en juin et comptait s’atteler à ses mémoires quelques mois avant son décès. Il a été porté à son dernier repos lors d’une cérémonie à la cathédrale de Chicoutimi, le 8 octobre.

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LE PROGRÈS FERME SES PRESSES

L’annonce de la fermeture des presses du Progrès du Saguenay a marqué la fin d’une époque dans le milieu de l’imprimerie au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Après 131 années d’opération, la dernière édition du Progrès à être imprimée dans la région a été publiée le 15 décembre dernier. Même chose pour Le Quotidien le 14 décembre. La perte de contrats d’impression aux mains de Québecor ont rendu impossible de rentabiliser une imprimerie de cette taille dans la région. Malgré la suppression d’une vingtaine d’emplois, la production régionale du Quotidien et du Progrès n’a pas été touchée. Les activités de la rédaction, du service des ventes, de l’administration, du service à la clientèle et de la production sont maintenues dans les bureaux de la Maison de la presse du boulevard Talbot, à Chicoutimi. L’impression des éditions papier des deux journaux se fait désormais à Québec, dans les mêmes installations que d’autres journaux du Groupe Capitales Médias.

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ALEXANDRE CLOUTIER QUITTE LA POLITIQUE

Le 17 janvier, le député de Lac-Saint-Jean Alexandre Cloutier a pris tout le monde par surprise en annonçant qu’il ne se représenterait pas aux élections d’octobre. À 41 ans, le député du Parti québécois (PQ), élu sans interruption depuis 2007, a ainsi fait le choix de ne pas être un politicien de carrière et de se concentrer sur sa famille. « Le service public ne doit pas être une job tenue pour acquise, qui peut se faire sur le cruise control. Ça ne peut pas non plus être seulement un moyen pour payer l’hypothèque. C’est un engagement qui doit être entier, sincère, enthousiaste », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Alma. L’avocat de formation a participé à deux courses à la chefferie du PQ infructueuses, contre Pierre Karl Péladeau (2015) et Jean-François Lisée (2016). 

Avant même de terminer son mandat, Alexandre Cloutier a été nommé vice-recteur aux partenariats et secrétaire général de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), un poste qu’il devrait occuper au minimum jusqu’en 2023

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CONGÉDIEMENT HOULEUX À LA CS DES RIVES-DU-SAGUENAY

Critiquée de toutes parts et en pleine guerre ouverte contre la présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) depuis plusieurs mois, la directrice générale Chantale Cyr a été officiellement congédiée le 13 mars durant un conseil des commissaires. L’intention de congédier Mme Cyr avait déjà été signifiée en janvier, alors que cette dernière se trouvait en congé maladie depuis novembre 2017. L’annonce est survenue quelques jours après que Le Quotidien ait révélé des remboursements de frais de 7300 $ par Chantale Cyr, dont des factures d’alcool. Il avait aussi été dévoilé que le projet phare de l’ex-DG, le pavillon Au Millénaire de La Baie, avait coûté 1,3 M $, alors qu’aucun budget n’avait été présenté pour sa réalisation. 

Poursuite

Au lendemain de son congédiement, Mme Cyr a immédiatement annoncé son intention de contester la mesure. Elle a déposé en avril une poursuite de 350 000 $ contre les 12 commissaires et la présidente, Liz S. Gagné, qui ont voté pour la congédier. En août, Chantale Cyr a eu gain de cause pour sa plainte logée à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) contre Mme Gagné, qu’elle accusait de harcèlement psychologique. Elle a subi toutefois un revers le 12 novembre quand un juge a réfuté sa demande d’annuler son congédiement. Le long bras de fer entre Mme Cyr et la CSRS doit se poursuivre en 2019.

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RICHARD MARTEL, RECRUE DE L'ANNÉE

Sur la scène fédérale, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ex-entraîneur de hockey Richard Martel, qui n’a laissé personne indifférent durant ses années derrière le banc, a fait une excellente première impression à ses débuts dans l’arène politique. En juin, il a été élu avec plus de la moitié du vote populaire (52,7 %), sous la bannière du Parti conservateur du Canada, lors de l’élection partielle tenue dans Chicoutimi–Le Fjord pour remplacer le libéral démissionnaire Denis Lemieux. La formation d’Andrew Scheer a ainsi gagné son pari et décroché un siège qui semblait autrement destiné au parti au pouvoir, les libéraux de Justin Trudeau. Le chef conservateur a rapidement nommé son nouveau député porte-parole adjoint de la Défense nationale dans le cabinet fantôme conservateur. Au début novembre, il a même été désigné par ses pairs comme « étoile montante » de l’année à la Chambre des communes, lors du gala des parlementaires. La députée néo-démocrate de Jonquière, Karine Trudel, était nommée dans la catégorie Parlementaire de l’année à l’occasion de ce même gala.

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3000 CHERCHEURS À L'UQAC

Plus de 3000 chercheurs étaient réunis à Saguenay, du 7 au 11 mai, pour le congrès annuel de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), la plus importante rencontre scientifique multidisciplinaire francophone au monde. L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) recevait le congrès pour la quatrième fois depuis la création du congrès de l’ACFAS en 1923. En tout, 2 000 communications scientifiques réunies dans 118 colloques et 31 domaines de recherche ont été présentées. Tous les secteurs de la recherche étaient représentés, dont les sciences de la santé, les sciences naturelles, les mathématiques et le génie, les lettres, arts et sciences humaines, ainsi que les sciences sociales et l’éducation.