2018: l’année des grands projets économiques

Après plusieurs années d’incertitude au niveau économique, 2018 en a été une plus teintée d’espoir pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Les grands projets comme Métaux BlackRock (MBR), Arianne Phosphate et GNL Québec ont tous avancé à pas de géant vers leur réalisation en annonçant des investissements ou encore des développements majeurs, comme l’autorisation gouvernementale pour la construction d’un nouveau terminal maritime sur le Saguenay pour le projet d’Arianne Phosphate. La multinationale Rio Tinto a également fait plusieurs annonces d’importance, dont celle de la création d’Elysis, un projet de plus d’un demi-milliard de dollars réalisé en partenariat avec Alcoa et Apple pour développer un procédé unique au monde de production d’aluminium sans émission de carbone. 

La question d’un nouvel amphithéâtre de 80 M$ à Saguenay s’est aussi retrouvée à l’avant-scène à la suite de la fermeture inopinée du vieillissant centre Georges-Vézina.

Le Quotidien vous propose ainsi un rapide survol des principaux événements ayant marqué le volet économique de l’année qui se termine. 

UN GAZODUC DE 4,2 G$ À GRANDE-ANSE

Un projet de gazoduc de 4,2 milliards de dollars annoncé en novembre pourrait avoir un impact économique énorme dans la région s’il se réalise. L’entreprise Gazoduq espère construire un lien de transport de gaz naturel de 750 km de long qui relierait l’Ontario au port de Grande-Anse. La conduite souterraine de 42 pouces de diamètre, supportée par quatre postes de compression, approvisionnerait une usine de liquéfaction de gaz naturel projetée par Énergie Saguenay, un projet énergétique évalué à 9,5 milliards de dollars. Les deux projets combinés nécessiteraient ainsi l’injection de 14 milliards de dollars au total, ce qui pourrait signifier des retombées faramineuses pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le projet devra d’abord passer par un processus d’évaluation strict incluant une révision devant le Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

+

FEU VERT AU TERMINAL MARITIME

Un autre projet économique très attendu dans la région a reçu une bonne nouvelle en 2018 quand la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a donné le feu vert, à Port de Saguenay, pour la construction d’un deuxième terminal maritime sur la rive nord du Saguenay. 

La société Arianne Phosphate et son projet d’exploitation d’une mine d’apatite au Lac-à-Paul, au nord de la région, dépendaient de cette autorisation pour aller de l’avant. 

Même si de grands pans de la structure financière de la société restent à ficeler, Arianne Phosphate a tout de même conclu ses deux premières ententes avec des clients qui se sont engagés à acheter des quantités substantielles du concentré d’apatite qui doit être produit une fois que le projet sera mis en branle.

+

AMPHITHÉÂTRE +: LA MAIRESSE DÉVOILE SON PROJET DE 80 M$

archives le quotidien, jeannot lévesque

À la suite de la fermeture d’urgence du centre Georges-Vézina, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, a présenté son projet de construction d’un amphithéâtre de 80 M$ en plein centre-ville au mois d’août. Cet «Amphithéâtre+» comporterait une patinoire de grandeur standard, compterait 5000 places et serait érigé sur le site de l’ancienne zone ferroviaire. Le projet prévoit également une scène extérieure, une place des festivals, un marché public ainsi qu’un nouveau stationnement à étages de 700 places. Le nombre de cases de stationnement public hors rue au centre-ville de Chicoutimi passerait également de 1345 à 1368. Des 80 M$ nécessaires à la réalisation du projet, la facture de Saguenay s’élèverait à environ 30 M$. Une vaste consultation populaire se tiendra d’ailleurs en 2019 à ce sujet. La population pourra donner son avis à savoir si, oui ou non, les citoyens souhaitent aller de l’avant avec la construction de l’amphithéâtre.

+

MÉTAUX BLACKROCK AVANCE À GRAND PAS

Le projet de Métaux BlackRock (MBR), qui compte exploiter une mine de ferrovanadium près de Chibougamau en plus de construire une usine de transformation à Saguenay, a connu plusieurs avancées intéressantes qui laissent croire que la première pelletée approche à grands pas. Le gouvernement du Québec a notamment octroyé une aide totale de 248 M$ pour les projets de MBR, dont une somme de 63 M$ à Port de Saguenay pour mettre en place les infrastructures nécessaires pour accueillir l’usine de transformation. Puis, en novembre, MBR a annoncé qu’elle a choisi le train plutôt que le transport par camion pour amener son minerai de Chibougamau jusqu’à Saguenay. Ce choix a nécessité des négociations avec le Canadien National (CN), avec Port de Saguenay, mais surtout avec Rio Tinto afin de déterminer la façon de partager les rails. En vertu de l’entente, le minerai sera pris en charge par le Canadien National à partir de Chibougamau jusqu’à Jonquière. Par la suite, Roberval-Saguenay (propriété Rio Tinto) sera mandaté pour effectuer le transport jusqu’au site de l’usine à Grande-Anse.

+

RIO TINTO ANNONCE PLUSIEURS PROJETS

En 2018, la multinationale Rio Tinto y est allée de plusieurs annonces majeures dans la région. En février, l’entreprise a signifié qu’elle prolongera la vie de l’usine Vaudreuil jusqu’en 2028-2029 grâce à l’injection d’un montant de 250 M $ pour optimiser le site de résidus de bauxite, en plus de la construction d’une nouvelle usine de filtration. En avril, l’entreprise est devenue la première à obtenir la certification Aluminium Stewardship Initiative (ASI) qui confirme sa production responsable. Le mois suivant, en présence du premier ministre Justin Trudeau et des grands bonzes de l’aluminium mondial, l’entreprise y est allée d’une annonce historique de 588 M $ avec son partenaire Alcoa, en procédant au lancement d’un premier procédé de fabrication d’aluminium au monde sans émission de carbone. Le géant technologique Apple est aussi impliqué dans la création de cette coentreprise qui prend le nom d’Elysis. En juillet, une autre somme de 200 M $ a été annoncée pour ajouter 16 cuves à l’usine AP60 d’Arvida. Cette annonce est arrivée en même temps que le renouvellement de l’entente de continuité entre la multinationale et le gouvernement du Québec, prolongée jusqu’en 2025.

+

AÉUMC: DES IMPACTS POUR LES INDUSTRIES RÉGIONALES

L’année 2018 a été particulièrement éprouvante pour les producteurs laitiers du Québec et de la région, qui ont fait les frais de négociations ardues entre le Canada et les États-Unis à propos de la signature d’un nouvel accord de libre-échange. Lors de la signature de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AÉUMC), le président américain Donald Trump a réussi à obtenir une concession importante de Justin Trudeau sur l’accès au marché canadien pour les produits laitiers américains, ouvrant ainsi une brèche dans le système de gestion de l’offre qui régit le marché du lait au pays. Selon l’Union des producteurs agricoles, le secteur laitier dans la région représente 2500 emplois en production, pour un total de 163 millions de litres de lait produit et une contribution de 250 M $ au produit intérieur brut. Avant la signature de l’AÉUMC, les Américains avaient aussi imposé des tarifs sur l’importation de l’acier et de l’aluminium, une mesure qui touchait directement la multinationale Rio Tinto. Malgré le nouvel accord signé officiellement le 30 novembre, les tarifs de 10 % sur l’aluminium n’ont pas été abolis. 

+

UNE PERCÉE POUR MECFOR

L’entreprise Mecfor y va d’une première en Amérique du Nord à l’été 2018 en dévoilant un véhicule autoguidé destiné aux alumineries. Développé avec une enveloppe de 1,4 M $, l’AGV TEAM (pour Transporteur Électrique Autoguidé Mecfor) permettra à terme de transporter des creusets dans de rudes environnements, notamment où il faut composer avec des champs magnétiques importants et de la poussière. En plus d’être autonome, le véhicule se déplace grâce à un système de téléguidage par infrarouge. L’entreprise espère voir ces premiers véhicules entrer chez Rio Tinto, Alcoa ou Alouette au cours des prochaines années. 

+

L’OTL GOUVERNEUR OUVRE ENFIN SES PORTES


Après 14 années de rénovations et de suppositions quant à son avenir, l’OTL Gouverneur rouvre ses portes au début 2018. Le nouvel établissement hôtelier du boulevard Talbot ajoute 165 chambres supplémentaires à Saguenay, en plus d’une salle de réception pouvant accueillir jusqu’à 300 convives. La décoration dernier cri et les chambres à la fine pointe de la technologie confèrent un cachet unique à l’endroit. Le restaurant Boefish et un spa ont ouvert leurs portes un peu plus tard dans l’année. 

Chez Georges

En matière de restauration, notons également que le mythique restaurant Chez Georges s’est complètement métamorphosé. Les propriétaires ont investi 1,5 M $ pour faire peau neuve. Durant les travaux, une publicité de cigarettes peinte sur le mur de briques extérieur a été découverte par hasard et a fait sensation. Le mur est tout de même tombé sous les pics des démolisseurs, mais une photo a été produite pour conserver une partie de cette histoire de l’immeuble construit dans les années 1920.

+

LE WALMART DE JONQUIÈRE VENDU

Après des années de spéculations sur le sort de l’ancien Walmart de Jonquière, fermé depuis 2005, un acheteur s’est finalement manifesté pour cette bâtisse en 2018. Le Quotidien a révélé en exclusivité en octobre que la chaîne Gagnon Frères avait amorcé un processus pour acquérir la bâtisse abandonnée depuis 13 ans à l’entrée de Jonquière. 

Le détaillant de meubles régional, qui possède également des enseignes à Baie-Comeau, à Sept-Îles et à La Malbaie, aimerait y aménager son entrepôt central et y déménager son centre de liquidation de la rue Sainte-Famille, à Kénogami. 

+

UBISOFT INAUGURE SES BUREAUX DE LA RUE RACINE

Après l’annonce en grande pompe de l’implantation du géant français du jeu vidéo Ubisoft à Saguenay en 2017, l’équipe du studio régional a officiellement inauguré ses locaux du 31, rue Racine au mois de février. 

Après avoir laissé planer l’idée de la construction d’un nouvel édifice ou même d’un déménagement pour accueillir l’entreprise à long terme, Ubisoft a choisi en août de signer un bail de 10 ans avec les Immeubles Perron et s’engage du coup à investir 6,6 millions de dollars pour le réaménagement intérieur de l’immeuble qu’ils occupent sur la rue Racine depuis le début de l’année. 

D’une quarantaine en 2018, le nombre d’employés au studio de Saguenay devrait passer à 125 d’ici les quatre prochaines années.