Les porte-paroles du Relais pour la vie Stéphanie Gauthier et MaëlieMaltais, deux survivantes du cancer, ont coupé le ruban pour ouvrir la marche avec Atchoum et le président du comité organisateur Serge Côté.

2000 personnes unies contre le cancer

Triomphante sur l'épaule de son idole Atchoum, la porte-parole du Relais pour la vie d'Alma, Maélie Maltais, a mené près de 250 survivants du cancer pour le départ de la 12e édition vendredi soir au Centre Multisports.
À la deuxième boucle de 250 mètres, la petite de cinq ans s'est jetée avec un grand sourire dans les bras de sa mère, chandail jaune des survivants contre chandail orange des accompagnateurs. La scène avait de quoi toucher bien des observateurs.
Plus de 700 personnes ont participé à la marche de 12 heures, soit comme membre des 68 équipes ou individuellement puisque l'évènement était ouvert à toute la population pour la première fois depuis 12 éditions. L'organisation s'attend à dépasser la barre des 200 000 $ amassés pour la Société canadienne du cancer.
«Avec les Jeux du Québec et les Fêtes du 150e, les Almatois sont beaucoup sollicités. On va donc probablement faire un peu moins que les 268 000 $ de l'an dernier. La cause tient quand même beaucoup les gens à coeur», affirme le président du comité organisateur Serge Côté. Ce dernier a accepté ce mandat il y a deux ans, juste un mois avant que sa petite-fille Maélie reçoive son diagnostic.
Maëlie a ouvert la marche, toute souriante, avec son idole Atchoum.
Voir la fillette échanger des plaisanteries avec Atchoum et marcher avec bravoure a été un moment de «pur bonheur» pour son grand-père. À constater toute la vigueur de Maélie et ses cheveux qui ont poussé, on ne se doute pas que la petite suit encore des traitements de chimiothérapie pour combattre une leucémie lymphoblastique aiguë, et ce, jusqu'en septembre normalement.
«On a vécu tellement de douleur et de souffrance, mais en même temps la maladie nous a apporté beaucoup de moments joyeux, par exemple la rénovation gratuite du sous-sol et de la chambre de Maëlie par des entrepreneurs d'Alma, la venue de la chanteuse Georgia Fumanti et la complicité avec Atchoum. En ville, tout le monde connaît Maëlie», poursuit M. Côté.
Pour la première fois, le relais almatois se tenait à l'intérieur, un bien énorme étant donné la météo pluvieuse. Il devrait être possible les prochaines années de faire une boucle dehors en plus, lorsque les travaux du centre seront terminés à l'extérieur.
Tout au long de la soirée, les participants étaient invités à présenter leur équipe sur une petite scène et à expliquer ce qui les motivait à participer au Relais pour la vie. Un tour symbolique était organisé à 22h. Des musiciens animaient aussi les marcheurs. Nul doute que le grand-papa de Maélie n'a pas été le seul à vivre des émotions fortes lors de cette nuit.
Le message d'espoir de Stéphanie
Stéphanie Gagnon (chandail jaune) et son équipe se sont relayées toute la nuit au Pavillon sportif de l'UQAC pour la 15e édition du Relais pour la vie.
«Ça m'a pris du courage de venir ce soir», raconte Stéphanie Gagnon, une des survivantes de la 15e édition du Relais pour la vie. Vendredi soir, le Pavillon sportif de l'UQAC était rempli de courage et d'espoir grâce à plus de 1300 participants venus marcher jusqu'aux petites heures du matin.
Stéphanie Gagnon avait 42 ans lorsqu'on lui a diagnostiqué un cancer du sein, en février 2016. Plusieurs personnes dans sa famille étaient atteintes du même cancer. «Quand le médecin l'a trouvé, j'étais au stade 0, donc j'ai commencé les traitements tout de suite», explique-t-elle, vêtue du chandail jaune de «survivante». Après de nombreuses séances de radiothérapie, la mère de famille originaire de Chicoutimi est finalement en rémission.
«J'aurais pu venir faire le Relais l'année dernière, mais je n'étais pas prête mentalement. Cette année, j'y ai beaucoup réfléchi et je suis venue avec toute une équipe!», raconte Stéphanie Gagnon, les larmes aux yeux. Au départ, ils étaient sept à s'être inscrits dans l'équipe de Stéphanie. Mais au fur et à mesure, des amis se sont ajoutés et l'équipe est montée à un total de 25 personnes.
«Il y a mes enfants qui sont avec moi ce soir. Ma fille avait un party de prévu, mais elle a préféré venir ici avec ses amis et ça me touche vraiment beaucoup», reconnaît la mère de trois enfants. Pendant son traitement, Stéphanie a pu compter sur l'aide et le soutien de ses enfants et de ses amis. «C'est pour ça que je suis là ce soir, pour ne pas décevoir tous ceux qui m'ont soutenue et aussi pour faire voir aux autres que je suis passée au travers.»
Vendredi soir, en portant son chandail jaune de survivante, Stéphanie a remarqué que le regard que les gens portaient sur elle était différent. «Au début, quand j'ai fait le tour avec les autres survivants, il y a des gens que je connais qui ne savaient pas que j'avais eu un cancer, ils l'ont appris ce soir. Oui, on est beaucoup observés, mais c'est de la compassion dans les regards. Il y a même des gens qui m'envoyaient des baisers», relate l'enseignante de Chicoutimi, émue devant tant de solidarité.
Même si Stéphanie n'a pas fini d'enchaîner les tours de piste, elle sait déjà qu'elle reviendra l'année prochaine, pour marcher aux côtés des survivants et «montrer qu'avec du courage, tout est possible».
Participation semblable
Cette année, 130 équipes ont participé au Relais pour la vie à l'UQAC, et un peu plus de 1300 personnes se sont relayées pour enchaîner les tours de piste. Même si la participation est un peu plus faible que les autres années, l'organisation ne semble pas inquiète quant à la somme d'argent amassée. «Je pense qu'on a eu des records de participation dans le passé à cause des défis que les gens publiaient sur les réseaux sociaux. Là, la participation est un peu inférieure, mais on reste tout de même parmi les meilleurs au Québec», explique l'agente de développement à la section régionale de la Société canadienne du cancer, Meggie Gonthier.