Brigitte Claveau, présidente régionale du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), et Louis-Joseph Saucier, conseiller à la recherche du SFPQ, affirment qu’il n’y a pas assez de personnel en inspection dans la région.

20% moins d’inspecteurs en cinq ans au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Le nombre d’inspecteurs dans les différents ministères et organismes publics de la région chute de manière importante depuis 2014, selon une étude du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Le SFPQ estime que l’on joue avec la sécurité du public en n’engageant pas davantage de personnel.

En cinq ans, le nombre d’inspecteurs a baissé de 20 % au total au Saguenay–Lac-Saint-Jean. C’est à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) que le manque d’effectif se fait le plus sentir. Le nombre d’inspecteurs y a diminué de 67 %.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec a perdu 20 % de ses inspecteurs depuis 2014.

On compte 11 % d’inspecteurs en moins au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Des postes au ministère de la Famille pour les services de garde et à la Sûreté du Québec pour les armes à feu ont complètement été éliminés.

La présidente régionale du SFPQ, Brigitte Claveau, croit que ce manque de personnel est attribuable à l’austérité que l’on a imposée à la fonction publique pour atteindre l’équilibre budgétaire.

« C’est des conséquences de non-remplacements de départs à la retraite, de suppressions de poste et du gel d’embauche. À la fin, on perd des effectifs dans la région et c’est la sécurité des citoyens qui est en jeu. On est moins en prévention et on est plus en réaction. L’État ne joue pas son rôle », indique-t-elle.

Le SFPQ demande que le gouvernement procède à des embauches, notamment pour que les différents services d’inspection puissent reprendre leur rôle de prévention.

« Ce volet-là est particulièrement important pour la population. On doit intervenir avant que les accidents arrivent. Peu importe le ministère. »

Le conseiller à la recherche du SFPQ, Louis-Joseph Saucier, qui a réalisé l’étude du syndicat, partage le point de vue de Mme Claveau. Les inspecteurs sont confinés dans un rôle réactif. Aujourd’hui, les inspecteurs font davantage de traitements de plainte et prennent de moins en moins d’initiatives, déplore M. Saucier.

« Si on s’est donné des lois et des règlements, c’est pour les respecter. L’inspection, c’est dans une foule de secteurs vitaux. Sans surprise, moins il y a d’inspecteurs et d’inspectrices, moins ils sont capables de faire un suivi adéquat des dossiers », affirme-t-il, précisant qu’on retrouve des inspecteurs dans 18 ministères et organisme au Québec.