Stéphane Poirier aura le temps de réfléchir en prison, lui qui a enlevé un homme de petite taille pour lui faire peur.

18 mois pour Stéphane Poirier

Stéphane Poirier, de Saint-Fulgence, entreprend sa carrière de criminel en recevant une peine de prison de 18 mois pour avoir trafiquer des stupéfiants et pour avoir enlevé, séquestré et menacé une personne de petite taille. Il l'a menacé de lui couper un doigt.
La juge Isabelle Boillat a rendu une décision écrite de 16 pages, lundi après-midi, au Palais de justice de Chicoutimi.
Elle impose une sentence de neuf mois pour trafic de stupéfiants, possession dans le but de trafic et d'avoir produit des stupéfiants à Saint-David de Falardeau.
De plus, la juge ajoute neuf mois de détention consécutive pour la séquestration d'un individu de petite taille, qui harcelait la conjointe de l'accusé de 20 ans.
Au total, Poirier reçoit une peine de 18 mois de prison, à laquelle la juge retranche 130 jours de détention préventive (un pour un). 
Me Karen Inkel, de la Couronne, réclamait 24 mois de détention pour les stupéfiants et de 18 à 20 mois pour l'enlèvement. En défense, Me Justine Guay-Langevin penchait plus vers 90 jours et 240 heures de travaux communautaires pour la drogue et de six mois pour la séquestration.
Poirier, qui était sans antécédent judiciaire, a été arrêté une première fois en avril 2016 à la suite d'une perquisition policière. Les agents ont saisi trois plants de marijuana, 2,5 grammes de cannabis, cinq comprimés de méthamphétamine et des objets reliés au trafic de stupéfiants.
Durant l'interrogatoire, Poirier a fait des aveux à l'effet qu'il vendait de 200 à 300 comprimés chaque semaine auprès d'une dizaine de clients. Il l'a fait pour assumer les frais de son loyer et ses diverses dépenses.
séquestration
Le deuxième événement pour lequel Poirier a reçu une sentence s'est produit le 13 février 2017. Il a voulu donner une leçon à un homme de petite taille qui harcelait sa conjointe.
Avec deux complices, Poirier s'est rendu au garage où la victime travaillait, dans le quartier de Rivière-du-Moulin, et a attendu qu'il termine son quart de travail avant de le séquestrer.
Après l'avoir menacé de ne plus approcher sa conjointe, Poirier a sorti une paire de pinces à sertir pour démontrer qu'il pourrait lui couper un doigt. Une autre personne a utilisé une fausse arme à feu et l'a pointée sur la tête de la victime avant de la pousser au sol.
La juge Boillat précise que les accusations sont graves, préméditées et planifiées. Poirier a fait le trafic de stupéfiants pour l'appât du gain et a vendu une grande quantité de stupéfiants.
Elle retient les mêmes éléments pour la deuxième trame factuelle et ajoute que Poirier était en attente de l'autre dossier criminel.
La juge précise que le jeune âge de l'accusé, le rapport présentenciel positif, le plaidoyer de culpabilité et les projets réalisables de l'accusé ont joué en sa faveur.
Absence de réhabilitation
La juge Isabelle Boillat aurait pu imposer une peine plus sévère à Stéphane Poirier, n'eût été sa collaboration avec les forces policières et son absence d'antécédents judiciaires.
« La réhabilitation de l'accusé n'est pas convaincante. Le tribunal ne voit pas, depuis son arrestation après le premier événement, d'efforts probants dans une véritable réhabilitation. Il a pris conscience en détention de ses problèmes et a débuté de réelles démarches de réhabilitation », analyse la juge, qui retient les remords sincères de l'accusé.
« L'accusé a pour objectif de créer la peur en guise d'avertissement chez la victime et pour s'y prendre, il l'enlève et la séquestre. Il voulait protéger sa conjointe et il aurait dû appeler la police. Il a voulu se faire justice et il a pris une mauvaise décision », écrit la juge.
Elle estime que la peine doit envoyer un message clair de réprobation sociale envers un comportement répréhensible de la sorte.
La juge Boillat estime que l'accusé ne peut bénéficier de l'exception du crédit majoré (1 jour de prison X 1,5 jour de détention préventive), car Poirier a été détenu à la suite du rejet de sa demande de remise en liberté.
Me Justine Guay-Langevin, avocate en défense, se dit relativement satisfaite de la décision de la juge Boillat.
« C'est certain que ce n'est pas ce que nous avions demandé. C'est un peu plus élevé que ce que l'on pensait, mais on est quand même satisfait. La juge a considéré l'absence de réhabilitation entre les deux événements et cela a pu jouer sur la peine.
« Ce sont des accusations très graves, même s'il y avait une certaine gravité subjective dans le dossier d'enlèvement. Mon client sait qu'il ne peut se faire justice lui-même », note Me Guay-Langevin, qui croit en la réhabilitation de son client.
Il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires de Me Karen Inkel, de la Couronne, retenue en salle d'audience.
À sa sortie de prison, Poirier sera sous probation pour trois ans et soumis à un suivi pour la même période.
Il lui sera interdit d'être en contact avec la victime, ne pourra avoir d'armes et devra fournir un échantillon d'ADN.