Martin Otis, le responsable du Laboratoire d’automatisme et d’interactions 3D multimodales intelligentes (LAIMI) de l’UQAC, travaille à la mise au point d’une semelle intelligente qui évalue en temps réel le risque de chute.

179 000$ pour la semelle intelligente

Le projet de semelle intelligente pourra franchir un pas de plus. L’équipe du professeur Martin Otis du département des sciences appliquées de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) vient d’obtenir un financement de 179 500 $.

Le financement est constitué d’une somme de 149 500 $ provenant du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI) dans le cadre du Programme de soutien à la valorisation et au transfert, et d’une aide supplémentaire en espèces de 30 000 $ de l’entreprise Greybox, l’entreprise qui tente de commercialiser le produit.

« C’est une subvention assez rare du MESI. C’est rare que le provincial investisse dans ce type de projet. On est super content », s’est exprimé le chercheur lorsque contacté par Le Quotidien.

Le montant servira à poursuivre les travaux pour mener à l’homologation par Santé Canada. « Cet argent-là est essentiellement pour réaliser des essais. Ça nous permet de recueillir des données pour améliorer notre algorithme et la semelle elle-même », a enchaîné le responsable du Laboratoire d’automatisme et d’interactions 3D multimodales intelligentes (LAIMI) de l’UQAC. 

La semelle développée par l’équipe de Martin Otis est munie de capteurs qui évaluent le risque de chutes, principalement pour les personnes âgées. « La semelle fait le calcul du risque », a-t-il commencé par expliquer. Il s’agit notamment d’évaluer le type de surface. Ensuite, le résultat du calcul est transmis par Wi-Fi ou Bluetooth. Techniquement, il serait possible d’avertir directement l’usager. « Mais pour l’instant, on n’informe pas la personne. L’entreprise préfère donner l’information au personnel en place », a enchaîné le scientifique.

L’entreprise Greybox de Montréal travaille de concert avec le laboratoire de l’UQAC. « Elle offre un éventail de solutions intégrées pour les résidences de personnes aînées », a-t-il précisé. Greybox a la permission d’utiliser le produit par le biais d’une licence payée à l’UQAC. 

Quant à la subvention, elle a été obtenue par l’entremise de SOVAR, qui agit à titre d’intermédiaire entre les chercheurs, les entreprises et le gouvernement. Selon leur site Internet, SOVAR est une société de valorisation qui se consacre au développement de nouvelles technologies issues d’activités de recherche universitaires et provenant de centres de recherche partenaires.

Visibilité

La nouvelle de la subvention a bien évidemment rendu heureux Martin Otis. De plus, toute la visibilité autour du projet lui permet plus facilement d’aller chercher des sommes pour continuer d’opérer le LAIMI. En septembre, l’UQAC se réjouissait que deux revues scientifiques aient vanté la semelle intelligente. En effet, le New Scientist (édition 3143) et le Digital Trend avaient procuré à ce travail de recherche une très grande visibilité internationale. « Ce sont des leaders mondiaux dans la communication de découvertes scientifiques avec plus de 20 millions de lecteurs par mois », pouvait-on lire en septembre dans une courte publication du service des Communications et relations publiques de l’UQAC. Rappelons que Le Quotidien avait accordé la page frontispice de son édition du mardi 25 juillet à la semelle intelligente.