16 000 travailleurs mobilisés

Fouettés par les dernières offres du gouvernement du Québec présentées vendredi, plus de 16 000 travailleurs des réseaux de la santé, de l'éducation et des services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont enclenché une seconde journée de grève afin d'ajouter de la pression pour le renouvellement de leur convention collective de travail.
<p>Jeff Begley, président de la FSSS-CSN, a pris part aux différentes manifestations et lignes de piquetage mises sur pied par les travailleurs des divers réseaux de la santé, éducation et services sociaux. </p>
Mobilisés par la CSN et la Centrale des syndicats du Québec, une centaine de travailleurs se sont d'abord déplacés au bureau du député Serge Simard à La Baie, à l'Hôpital et au Cégep de Chicoutimi ainsi qu'au Cégep de Jonquière où une grande marche a été organisée. Le point culminant a été un rassemblement devant l'Hôpital de Jonquière, où des centaines de travailleurs se sont réunis en présence du président de la CSN, Jacques Létourneau, de Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), du président de la Fédération de la Santé et des Services sociaux de la CSN, Jeff Begley, ainsi que Marc Maltais, représentant régional de la FTQ.
Comme c'est le cas en pareilles occasions, les grévistes se sont faits bruyants à chacune des actions de perturbation.
« On continue de se battre contre les mesures d'austérité du gouvernement. À la suite du dépôt de vendredi, nous sommes contents qu'il y ait autant de gens présents ici. On a l'impression que les gens du Conseil du trésor rient de nous », a commenté M. Begley.
Présent sur la ligne de piquetage lui aussi, Jacques Létourneau s'est dit surpris par le niveau de mobilisation des travailleurs, mais aussi par l'appui provenant du grand public. « En 25 ans de syndicalisme, je n'ai jamais vu un tel vent d'appui populaire. Il va falloir que le gouvernement bouge davantage. Québec a ajouté 550 M$ à ses offres, mais il n'y en a pas pour tout le monde », a déclaré M. Létourneau.
Il observe toutefois un changement dans le ton utilisé par Québec. Il ne croit pas que le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, aura recours à un décret imposant les nouvelles conventions collectives des fonctionnaires. « Lorsque tu décrètes les conventions collectives, tu démobilises le monde pour 15 à 20 ans. Ce n'est pas dans l'intérêt des patrons de décréter. »
Le discours économique est également utilisé par la CSQ lorsque sa présidente Louise Chabot affirme qu'il n'est pas dans l'intérêt d'appauvrir les employés de l'État en coupant dans leur pouvoir d'achat et leurs conditions d'exercice de leur travail. « Il faut envoyer un autre signal. Le gouvernement doit sortir de son argumentaire. On mérite au moins d'obtenir une hausse maintenant notre pouvoir d'achat. Des études démontrent qu'il y a un écart de 7,6 % entre le public et le privé. Il faut faire du rattrapage. Si on nous gèle, d'ici cinq ans on va se ramasser avec le double d'écart », déclaré Mme Chabot.
Le mouvement de grève se poursuit aujourd'hui, entre autres, du côté du Lac-Saint-Jean.