L’enseignante en anglais intensif à l’école Saint-Pierre, Marie-Christine Fortin, et la paysagiste Anne-Marie Tremblay entourent le président du conseil d’établissement, Maxim Belley.

150 bénévoles et 1400 végétaux à l'école Saint-Pierre d'Alma

Quiconque doute de la participation citoyenne n’a qu’à jeter un œil à l’effervescence qui entoure, depuis un mois, le projet de végétalisation de la cour de l’école Saint-Pierre d’Alma. Ce qui devait initialement être réalisé avec 25 000 $ pourrait bien avoir triplé, voire quadruplé. Plus de 150 bénévoles sont attendus, samedi, lors de l’imposante corvée pendant laquelle 1400 arbres et végétaux seront plantés.

Un problème de grande chaleur vécu en classe et autour de l’école a amené l’enseignante en anglais intensif à l’école Saint-Pierre, Marie-Christine Fortin, à jeter les bases de ce projet novateur en compagnie de son amie paysagiste, Anne-Marie Tremblay. Depuis, l’idée a fait boule de neige.

Parents, personnalités d’affaires et entrepreneurs ont répondu à l’appel lancé au début du mois de mai alors qu’une campagne de sociofinancement dont l’objectif était de 25 000 $ fut lancée. Jusqu’à présent, plus de 28 000 $ ont été amassés. À cela, il faut ajouter les dons de matériaux, la machinerie spécialisée prêtée ainsi que le temps offert par des professionnels, dont des ingénieurs et des arpenteurs.

Le président du conseil d’établissement Maxim Belley refuse de se lancer dans une estimation finale de la valeur du projet qui est loin d’être finalisé. De son côté, la paysagiste Anne-Marie Tremblay assure qu’un projet similaire privé vaudrait plus de 300 000 $.

Le travail visant à un concept zéro gazon est déjà amorcé alors que les travaux d’excavation ont débuté, plus tôt cette semaine. Les derniers jours ont permis l’installation de quatre classes extérieures grâce à une contribution de l’entreprise Granicor qui a offert 81 blocs de granit. L’autre classe extérieure sera en bois, et ce, grâce aux dons de matériaux de Coderr.

L’entreprise Granicor a fourni plus de 80 retailles de granit qui constitueront quatre des cinq classes extérieures.

Les produits et matériaux recyclés sont à l’honneur dans cette initiative. Le mobilier extérieur composé de retailles de granit sera entouré de paillis. Le don d’Hydro-Québec est en fait des résidus d’élagage.

L’équipe de Construction Proco a conçu et fabriqué un escalier sur mesure qui permettra de relier l’École Saint-Pierre au CPE L’Enfanthèque dont les tout-petits visitent régulièrement une classe de motricité de l’école primaire.

Une reconnaissance des donateurs permettra de boucler le projet. « On voulait faire une plaque en aluminium de 4 pieds par 8 pieds. Il faudra l’agrandir. Tous les donateurs, que ce soit 5 $, 10 000 $ ou 60 000 $ vont s’y retrouver. La plaque qui sera mise en évidence traversera le temps comme les classes extérieures en granit », mentionne Maxim Belley.

Plus de 150 personnes sont attendues samedi matin, à l’école Saint-Pierre qui a, pour quelques semaines, des allures de chantier. Les personnes intéressées à donner de leur temps, samedi, peuvent le faire en s’inscrivant via la page Facebook de l’école Saint-Pierre.

L’opération de verdissement qui devrait réduire d’entre cinq et dix degrés la température de la cour d’école se poursuivra tout au long de l’été. Une fois les classes terminées, de la machinerie lourde prendra place sur le terrain. Ce sera l’occasion, entre autres, de retirer 4100 pieds carrés d’asphalte. Cette portion sera remplacée par une tranchée verte qui permettra de conserver les espaces de jeux qui se retrouvent au sol. La zone qui se retrouve au centre de la cour accueillera des arbres à grand déploiement qui offriront de l’ombrage.

Résultat dès 2020

Le projet de végétalisation devrait présenter des résultats spectaculaires dès la fin de la saison estivale 2020. D’ici là, la première année d’implantation sera cruciale. Les végétaux ne devront pas souffrir de carence d’eau. Ainsi, une entreprise s’est portée volontaire pour arroser les végétaux, au besoin, au courant des prochaines semaines.

L’entretien des 1400 arbres et végétaux sera minimal à l’exception d’une coupe chaque printemps. Une formation offerte aux élèves de cinquième et de sixième année permettra de les impliquer dans ces tâches d’entretien.

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UN PROJET PORTÉ POUR TOUS

La transformation majeure de la cour de l’école Saint-Pierre d’Alma est l’idée d’une personne qui, en fin de compte, en aura impliqué des centaines. 

« Je suis super fébrile. C’est une belle énergie. Les travaux avancent. Je suis chanceuse d’être entourée des meilleurs », a confié, à quelques jours de la corvée, l’instigatrice du projet, Marie-Christine Fortin. 

Le projet unique risque de ne pas être le dernier pour celle qui se qualifie d’enseignante « flyée ». « C’est au-delà de toutes attentes. J’avais des grandes idées et je souhaitais que ce soit magnifique. J’ai encore plein d’idées. C’est un début qui ouvre la porte à d’autres projets », ajoute Mme Fortin.

Le président du conseil d’établissement Maxim Belley souligne le caractère novateur de ce qui se dessine autour de l’école primaire. « C’est une belle implication. On va s’en rappeler. On est content d’être la première école d’avoir l’audace de faire cela. Il y a beaucoup d’implication corporative. Je ne pense pas que la prochaine école qui osera faire le même projet aura autant de facilité », témoigne-t-il. 

« Je ne revivrai plus jamais cela », seconde la paysagiste Anne-Marie Tremblay. Celle-ci fait le parallèle entre le projet almatois et le projet national de Lab-École. « J’avais lu beaucoup sur le projet. Ils ont eu 60 millions $. Je me disais, j’aurais tellement aimé ça être impliqué dans un projet comme ça. Je me suis dit : je vais faire ma cour d’école du futur », conclut-elle.