Gilles Lapointe, qui prendra sa retraite la semaine prochaine, est particulièrement fier d’avoir pu maintenir les effectifs étudiants au-delà de 950 grâce au recrutement international.

1,4 M$ au Cégep de Saint-Félicien

Après avoir vécu six années de compressions budgétaires qui ont amputé 1,5 million $ à son budget de fonctionnement, le Cégep de Saint-Félicien peut enfin commencer à réinvestir dans les services aux étudiants grâce à un investissement de 1,4 million $ du gouvernement québécois. Une somme qui permettra notamment de répondre aux besoins de la clientèle internationale, qui comptera pour 21 % des étudiants l’an prochain, un sommet.

« En 21 ans dans le réseau collégial, honnêtement, c’est la première fois que je vois tomber autant d’argent », a souligné Gilles Lapointe, le directeur général du Cégep de Saint-Félicien, qui touchera 1,4 des 68 millions $ annoncés par le ministère de l’Éducation du en mai.

Ce montant, qui porte le budget de fonctionnement du cégep à 23,1 millions $ pour l’année 2012-2020, permettra de remettre plusieurs services aux élèves en place, assure Gilles Lapointe. « On veut ajouter des ressources comme un conseiller pédagogique. On va spécialiser une tâche pleine à l’utilisation des technologies de l’information et des communications, tout en investissant pour le recrutement international », a-t-il dit.

C’est d’ailleurs le recrutement international qui a permis de maintenir l’effectif étudiant, ajoute ce dernier, alors que 120 nouveaux étudiants internationaux entreront au cégep à la rentrée. Les étudiants étrangers représenteront alors 21 % du nombre total d’étudiants, comparativement à 18 % l’année dernière.

« On fait de plus en plus de recrutement ciblé, notamment dans les lycées agricoles qui donnent de la formation en foresterie », explique Gilles Lapointe. Ces démarches ont permis de recruter une vingtaine d’étudiants français qui permettront de lancer une deuxième cohorte de la technique en transformation des produits forestiers, et d’offrir une nouvelle attestation d’études collégiales en instrumentation, automatisation et robotisation. Les missions de recrutement pour ces deux formations ont été réalisées avec Produits forestiers Résolu, alors que 50 % de la formation se fait en entreprise, pour combler une partie de ses besoins de main-d’œuvre.

Gilles Lapointe, qui prendra sa retraite la semaine prochaine, est particulièrement fier d’avoir pu maintenir les effectifs étudiants au-delà de 950 grâce au recrutement international.

De plus, des programmes du Cégep de Saint-Félicien seront offerts en Tunisie à compter de l’automne. L’établissement travaille aussi avec la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets pour offrir des diplômes d’études professionnels pour former des préposés aux bénéficiaires dans le nord de l’Afrique.

950 étudiants de plus

Au total, l’institution d’enseignement de Saint-Félicien comptera donc 950 étudiants, en plus des 70 autres au Centre d’études collégiales de Chibougamau. « Si on ajoute la formation continue, on peut compter de 300 à 400 étudiants supplémentaires », précise Gilles Lapointe, en faisant référence aux formations offertes dans les communautés cries et inuites.

« On est un cégep de proximité. On a pour mission de soutenir notre milieu. Notre milieu, c’est aussi les populations du Grand Nord, parce qu’on a un Centre d’études collégiales à Chibougamau. Et depuis 1997, on donne des formations dans les communautés », renchérit fièrement le directeur général, tout en soulignant le travail de toute son équipe.

Au cours des deux prochaines années, le cégep investira d’ailleurs plus de 500 000 $ à Chibougamau pour offrir des formations en anglais, pour desservir les populations cries et anglophones du nord de l’Ontario. En voyant les investissements de quatre millions $ réalisés à l’école secondaire anglophone MacLean à Chibougamau, dont une partie sera investie pour la construction d’une résidence étudiante, le cégep rêve déjà à la construction d’une deuxième phase pour accueillir les étudiants collégiaux.

Pour soutenir davantage le milieu, le Cégep de Saint-Félicien compte aussi mettre davantage d’efforts sur la rétention des diplômés dans la région. Pour l’instant, ces données ne sont pas disponibles, mais le cégep veut se donner une méthodologie pour pouvoir le faire. « On sait qu’environ 50 % des étudiants internationaux demandent un permis de travail, ajoute Gilles Lapointe. Ils ont de l’intérêt à rester, et on veut être capables de leur présenter un projet de vie pour augmenter la rétention. »

En plus d’avoir pu maintenir la clientèle étudiante, Gilles Lapointe, qui prendra sa retraite la semaine prochaine, est particulièrement fier d’avoir obtenu le centre de transfert technologique Écofaune boréale. « On en était à notre quatrième tentative », remarque l’homme, en ajoutant que des sommes seront investies dans le centre et pour d’autres projets de recherche.

« On ne peut pas dire qu’on est un collège hautement technologique. On ne fait pas de l’intelligence artificielle, mais on se démarque plutôt en misant sur l’intelligence sociale », a-t-il conclut.