Solidaires avec les chats errants, Annie Tremblay, Suzanne Harvey et Mélanie Fillion ont passé 12 heures dehors. L’adoption de toutous, à l’effigie de leurs rescapés, a contribué à amasser 1800 $ pour l’organisme Rescapés Poilus.

12h dehors... comme les chats errants

Le 16 février dernier, de midi à minuit, les administratrices de l’organisme Rescapés Poilus, Annie Tremblay, Suzanne Harvey et Mélanie Fillion, ont passé 12 heures dehors afin de prendre conscience de la réalité des chats errants.

Évidemment, plusieurs bénévoles ont contribué au succès de cette activité-bénéfice permettant d’amasser 1800 $ afin que Rescapés Poilus puisse faire soigner et stériliser les chats errants sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les organisatrices avaient élu domicile dans le stationnement de la résidence de Jean-François Tremblay, située à Chicoutimi-Nord. Toute la journée, l’homme s’est occupé de ses nombreux convives. « Jean-François nous a même servi sa délicieuse tourtière », mentionne Suzanne Harvey. Claude Fillion, un talentueux maître-ferblantier, avait offert une de ses créations, soit un foyer extérieur, pour réchauffer les participants. Le foyer a par la suite été vendu aux enchères générant un montant de 250 $ pour la cause. Michel Lachance et Michel Tremblay ont quant à eux fourni le bois pour alimenter le feu.

L’évènement, dont la promotion avait été faite sur Facebook, a réuni une centaine de personnes qui se sont déplacées pour encourager et fraterniser avec les membres du groupe Facebook Rescapés Poilus qui regroupe près de 8500 membres.

« Les partages faits sur FB nous permettent de faire de grandes mobilisations lors de cas particuliers. C’est ce qui est arrivé dernièrement à une chatte qui devait être amputée d’une patte. En 24 heures, nous avions les 2000 $ nécessaires pour l’intervention », raconte Mme Suzanne.

Plusieurs s’étaient déplacés pour adopter un toutou. « Ces toutous, vendus entre 5 $ et 10 $, nous sont offerts en dons. Chaque peluche porte le nom d’un de nos rescapés. Les adoptants de ces toutous donnent donc directement à notre cause », poursuit Suzanne Harvey.

Annie Potvin, une enseignante à la retraite, est une des précieuses bénévoles de Rescapés Poilus. La douée couturière confectionne plusieurs objets de qualité dont 100 % des profits vont aux chats errants. Napperons, tuques, sacs réutilisables, étuis à brosse à dents, tampons démaquillants lavables et petites couvertures sont quelques-uns des produits signés Annie Potvin. Parmi ses créations, elle note un engouement pour les « catsticks », qui sont des jouets pour chats.

Les participants de l’activité de financement « 12 heures des errants » , au profit de Rescapés Poilus, se sont réchauffés autour d’un foyer fabriqué par Claude Fillion.

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L'ORGANISME A DÉBUTÉ EN 2013

Fondé en 2013 par Annie Tremblay, Rescapés Poilus a officiellement vu le jour en 2016. Devenu un OSBL en 2018, l’organisme n’a jamais baissé les bras devant les embûches. 

« Notre plus grande embûche est la dissension entre les groupes qui veulent venir en aide aux animaux », remarquent les administratrices. Malgré tout, leur message passe.

« Cet hiver, nous n’avons pas eu de chaton à faire adopter. Les citoyens n’endurent plus qu’un chat soit errant. En nous les signalant tout de suite, ça évite la prolifération », expliquent-elles. 

Les trois femmes peuvent aussi compter sur le Refuge des animaux de Chicoutimi. L’expérience acquise, au sein de Rescapés Poilus, est précieuse, notamment en comportement félin.

Les trois complices ont aussi développé des stratégies efficaces quand elles doivent intervenir pour sécuriser une colonie de chats errants. 

« Notre plus grande force, c’est nos familles d’accueil. Un chat en famille d’accueil progresse mieux que dans une cage, dans un refuge », concluent les administratrices de Rescapés Poilus qui gagnent la confiance de la population grâce à leur transparence et leur dévouement.

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QUELQUES CHIFFRES

Le groupe Rescapés Poilus a présentement 32 familles d’accueil actives qui hébergent 43 protégés, dont 28 ont été stérilisés.

En 2018, le groupe a réalisé 118 stérilisations, 71 adoptions adultes, 120 adoptions de chatons avec engagement à la stérilisation et 13 remises en nature.

Les dépenses en soins vétérinaires et autres s’élèvent à plus de 50 000 $.

Pour 2019, Rescapés Poilus a 13 stérilisations de réalisées et 11 de planifiées d’ici le 26 février. En moins de deux mois, ils ont fait adopter sept chats adultes et six chatons avec un engagement de stérilisation. Déjà, les dépenses frôlent les 7000 $.

Même si leurs dépenses sont importantes, les administratrices de l’organisme ne dépensent jamais d’argent qu’elles n’ont pas. C’est pourquoi leurs actions sont parfois limitées par un manque de budget.