Née un 8 mars, soeur Marie-Josée Dallaire (à gauche) célébrait son 91e anniversaire, vendredi.

125 ans d’implication féminine

« Si on avait intégré davantage les femmes dans les postes de pouvoir de l’Église, on n’en serait sans doute pas là aujourd’hui. » Un hommage a été rendu aux soeurs de la congrégation Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Chicoutimi, vendredi, en marge de la Journée internationale des femmes. L’agent de pastoral Jocelyn Girard, le seul homme à être présent lors de la rencontre, a salué le courage et l’implication de ces femmes, bien présentes au Saguenay–Lac-Saint-Jean depuis 125 ans.

La congrégation des soeurs du Bon-Conseil voulait célébrer la Journée internationale des femmes à sa façon. Plus d’une centaine de femmes se sont donc réunies à l’hôtel Le Montagnais, vendredi matin, pour souligner l’apport que les soeurs ont eu pour la région, plus particulièrement dans le milieu de l’éducation. Parmi les invités, quelques religieuses, mais aussi plusieurs laïques pour qui les soeurs ont eu un impact dans leur vie.

La congrégation a été fondée en 1894 par soeur Françoise Simard. Les religieuses ont fondé des écoles aux quatre coins du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en plus de remplir des missions à l’étranger, comme en Afrique et au Chili, notamment. Aujourd’hui, la congrégation du Bon-Conseil regroupe encore 188 religieuses, mais la plupart sont maintenant à la retraite. Une vingtaine d’entre elles restent toutefois actives à l’extérieur de la maison mère, au sein d’organismes communautaires. La moyenne d’âge de ces dames est de 84 ans.

Hélène Girard et Claudia Dallaire, respectivement directrice du Centre historique de Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Chicoutimi et responsable de la condition des femmes au Diocèse de Chicoutimi, avaient organisé l’événement dans le cadre de la Journée internationale des femmes.

Soeur Marguerite Rose a prononcé ses voeux en 1961. La jeune fille de 17 ans de Saint-François-de-Salle avait reçu l’appel, alors que des religieuses lui enseignaient. « J’ai eu l’appel et je lui ai répondu. J’ai ensuite été enseignante avant de prendre ma retraite en 2003. Les soeurs ont toujours été ma vie, ma famille. Au cours de ma vie, j’ai vu des femmes qui s’étaient levées et tenues debout, et c’est encore le cas aujourd’hui », a affirmé soeur Marguerite Rose.

Renée Lepage, de son côté, est agente de pastorale laïque. Mariée et mère de trois enfants, elle a toujours côtoyé les religieuses du Bon-Conseil. « Ces femmes m’ont appris à m’émerveiller du meilleur des autres. Elles m’ont donné confiance en moi. Pour moi, elles ont été des éducatrices de la vie », a affirmé Mme Lepage, rendant ainsi hommage aux femmes de la congrégation.

Un seul homme participait à la rencontre. « Acceptez-vous un commentaire de la part d’un homme ? », a demandé l’agent de pastoral du Diocèse de Chicoutimi, Jocelyn Girard, en souriant.

Plus d’une centaine de femmes se sont réunies à l’hôtel Le Montagnais, vendredi matin, pour souligner l’apport que les soeurs ont eu pour la région, plus particulièrement dans le milieu de l’éducation.

M. Girard a été le seul de l’événement à aborder la situation actuelle de l’Église, qui est loin d’être rose. « Disons que l’Église est en train de laver son linge sale. Avec tout ce qu’on entend dans les médias, je me dis que si on avait fait davantage de place aux femmes dans les postes de pouvoir de l’Église, on n’en serait sans doute pas rendu là », a dit M. Girard, sous les applaudissements des femmes présentes.

Si on ignore quel avenir aura la congrégation, les soeurs qui ont participé à l’événement se sont faites rassurantes. « Nous sommes en mission jusqu’à la fin », a dit l’une d’entre elles.