Un jeune homme de 17 ans est décédé sur son lieu de travail, en septembre 2019, à l’usine de Béton préfabriqué du Lac d'Alma.
Un jeune homme de 17 ans est décédé sur son lieu de travail, en septembre 2019, à l’usine de Béton préfabriqué du Lac d'Alma.

12 travailleurs ont perdu la vie en 2019 au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
En 2019, 12 personnes ont perdu la vie sur leur lieu de travail ou des suites d’une maladie professionnelle au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il s’agit d’une hausse de quatre décès par rapport à l’année précédente. La CSN souligne d’ailleurs la Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail en invitant les gouvernements à faire de la santé et sécurité au travail une priorité nationale, particulièrement dans le contexte de pandémie de la COVID-19.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a dévoilé ses statistiques pour l’année 2019. À l’échelle provinciale, ce sont 190 Québécois et Québécoises qui ont perdu la vie en raison de leur travail en 2019. De ce nombre, on compte 57 décès à la suite d’un accident et 133 à la suite d’une maladie professionnelle. 

«Année après année, nous appréhendons ce triste bilan, car il illustre à quel point il y a urgence d’agir pour améliorer la protection des travailleuses et des travailleurs, quel que soit le secteur d’activité. Nous ne cesserons pas d’interpeller les gouvernements tant et aussi longtemps que les dispositions législatives et les mesures appropriées ne seront pas adoptées», affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Selon lui, le contexte actuel doit favoriser une prise de conscience générale quant à l’importance de la santé et de la sécurité dans les milieux de travail. «Tout ce que nous traversons collectivement en ce moment illustre la pertinence d’adopter une législation assurant des mécanismes de protection à l’ensemble des milieux de travail. Aujourd’hui plus que jamais, cela doit devenir une priorité nationale, et c’est ce message que nous souhaitons envoyer aux autorités. Nous sommes disposés à travailler de pair afin d’atteindre cet objectif, mais il revient au gouvernement de proposer une réforme à la hauteur des défis», ajoute Jean Lacharité.

La CSN milite depuis des années afin de revoir l’application de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. «Les mécanismes de prévention prévus dans cette loi ne s’appliquent qu’à environ un cinquième des travailleuses et des travailleurs du Québec. Les mécanismes de protection peuvent faire la différence, mais la loi actuelle n’oblige leur application qu’à deux groupes prioritaires définis selon les secteurs économiques des années 70. Un non-sens pur et simple ! Nous espérons que la révision législative qui sera proposée par l’actuel gouvernement viendra corriger cet important retard, car avec chaque année qui passe, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en font les frais», note M. Lacharité.