100 000$ demandés pour des études

(Louis Tremblay) – Les conseillers municipaux de l’arrondissement de Chicoutimi demandent au comité exécutif de Saguenay d’autoriser un montant de 100 000 $ pour réaliser des études qui visent à vérifier la faisabilité d’un projet d’amphithéâtre jumelé à la construction d’un stationnement à étages sur le site de l’ancienne zone ferroviaire de la rue du Havre.

Les membres du conseil d’arrondissement de Chicoutimi ont tenu une rencontre, mercredi, afin de faire le point sur la situation. Ils ont tous pris connaissance de la charge lancée par la présidente de l’arrondissement de Jonquière, Julie Dufour, contre le projet d’amphithéâtre. Malgré la position de Jonquière, les conseillers de Chicoutimi croient nécessaire d’aller de l’avant.

« On nous autorise à faire une étude de sol. Mais pour faire une étude de sol, il faut au moins avoir une idée de ce que nous voulons construire sur le terrain. Les conseillers avaient décidé d’utiliser des budgets de recherche personnels pour financer les études, mais ils n’ont pas à poser ce geste », insiste Michel Tremblay, visiblement décidé de faire avancer le projet de relance du centre-ville.

« Ça fait des années que le problème de ce terrain persiste et qu’il n’y a rien qui se fait. Si jamais on nous dit que le projet d’amphithéâtre jumelé à l’autogare va coûter 125 M$, nous allons abandonner. Nous ne sommes pas des irresponsables. Le gouvernement est prêt à investir, comme l’a déclaré le premier ministre Philippe Couillard, et on doit au moins être en mesure de savoir ce qu’il est possible de faire », ajoute le président de l’arrondissement de Chicoutimi.

Les montants seront utilisés pour accorder les études techniques de sol et d’architecture préliminaire. Michel Tremblay estime que les montants ne dépasseront pas plus de 100 000 $. Saguenay pourra en même temps avoir une idée de ce qu’il adviendra avec le stationnement à étages du centre-ville, dont la durée de vie utile tire à sa fin.

« On ne peut pas dire que c’est de l’argent mal utilisé. On va avoir besoin de ces informations pour le dossier du stationnement, qu’il y ait un amphithéâtre ou non », répète Michel Tremblay.

Saguenay avait un certain nombre d’études qui ne couvraient que des parcelles de terrain. Les relevés avaient été réalisés à l’ouest du terrain et non dans la zone du stationnement à étages actuel qui pourrait être le site de l’amphithéâtre.

Pas de réplique
Les conseillers de l’arrondissement de Chicoutimi se gardent pour le moment de répliquer à ceux de l’arrondissement de Jonquière. Ils préfèrent avoir entre les mains les données techniques et financières avant d’aller plus loin. Il est de plus en plus question d’un projet qui pourrait se financer à même le nouveau stationnement, mais il a été impossible d’obtenir les détails de cette formule qui n’aurait aucun impact sur le compte de taxes des citoyens.

D’autre part, des informations ont circulé voulant que le gouvernement du Québec ne participerait pas au financement de stationnements à étages. Pas plus tard qu’en juin dernier, la Ville de Québec a inauguré la Place des Canotiers, dont l’ouvrage principal est un stationnement à étages de 400 cases. Québec a investi 26 M$ dans ce projet global de 38 M$. Le ministère des Affaires municipales n’a pas rendu les appels du Quotidien.

+ Les finances doivent prévaloir, dit Kevin Armstrong

(Denis Villeneuve) – Le conseiller de Jonquière Kevin Armstrong n’accepte pas que les élus de son arrondissement portent l’odieux d’entretenir une guerre de clocher dans le dossier du Centre Georges-Vézina. Il considère que les questionnements soulevés devraient être analysés par la population sous l’angle de la bonne gestion des finances publiques. 

M. Armstrong est revenu sur l’assemblée plénière qui s’est tenue la semaine dernière au cours de laquelle il a été décidé de confier à l’arrondissement de Chicoutimi le mandat de procéder à des études techniques sur l’implantation d’un amphithéâtre sur la zone ferroviaire. Selon lui, cette plénière a été l’occasion de faire un tour de table ouvert portant sur le dossier, sans la tenue d’un vote formel, contrairement à ce qu’a laissé entendre la mairesse Josée Néron. Le décompte rendu public, voulant que huit élus contre sept aient voté pour la réalisation d’études, n’est pas exact, selon lui, puisque la conseillère Brigitte Bergeron était absente, et la mairesse n’a pas voté. « Ce sont six indépendants à Jonquière qui ont pris position. On pense qu’un nouveau Centre Georges-Vézina n’est pas une nécessité d’autant plus que ce projet-là n’était à l’agenda d’aucun candidat lors de la dernière élection municipale », a-t-il déclaré.

Le conseiller rappelle que le dossier du nouvel amphithéâtre à Saguenay est apparu dans l’actualité récente après les sorties de Gilles Courteau, commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, du commentateur Phil Desgagné, mais aussi du premier ministre Philippe Couillard qui, à quelques mois des élections provinciales, tente de « mousser la construction d’un nouvel amphithéâtre ». « Si le premier ministre respectait l’autonomie des municipalités comme il le prétend, il laisserait les élus discuter des choix qu’ils auront à faire », déclare-t-il.

Pour ce qui est de la perception laissant croire que les élus jonquiérois veulent tirer la couverte de leur côté, M. Armstrong croit qu’il s’agit d’un phénomène normal puisque dans le passé, sous l’ancienne administration Tremblay, les élus n’avaient pas beaucoup d’espace pour faire des débats.

Selon lui, les vraies discussions des élus de Saguenay doivent être axées sur la planification financière de la ville pour les cinq prochaines années, compte tenu des besoins d’investissements en infrastructures dans chaque arrondissement. Selon lui, la liste est longue, peu importe que l’on parle de la réfection des deux autogares du centre-ville de Chicoutimi, de la revitalisation du même secteur, d’un stade de soccer à Jonquière ou d’une bibliothèque à La Baie. La possibilité de construire un autogare payant et d’aménager autre chose qu’un amphithéâtre sur la zone ferroviaire sont toutes des avenues qui doivent être analysées.

Lors de l’entrevue, le conseiller a dit souhaiter que Saguenay ne répète pas l’erreur de Trois-Rivières, survenue en 2016. Cette année-là, la vérificatrice générale, Andrée Cossette, avait reproché à l’administration municipale trifluvienne de ne pas avoir colligé de données assez fiables ou encore de ne pas étudier assez de scénarios avant de se lancer dans de grands projets, comme le centre des congrès et le nouveau Colisée. Le reproche était de ne pas avoir fait d’études comparatives entre les différents scénarios, notamment celui d’agrandir et de rénover l’actuel Colisée, au coût de 32,6 M$.

Finances

M. Armstrong croit qu’il est temps pour les élus de Saguenay d’expliquer l’état des finances de la ville, compte tenu de la tuile qui pourrait tomber sur l’administration municipale dans les prochains mois. 

Cette tuile, elle pourrait provenir de la décision de Rio Tinto de contester l’évaluation de ses installations industrielles pour la rendre à leur valeur réelle, une contestation qui pourrait coûter des millions en manque à gagner à long terme.

Le travail du comité des finances sera de déterminer quel sera le seuil d’investissements que peut se permettre Saguenay pour les prochaines années, étant donné la faible croissance anticipée au chapitre des investissements et la décroissance de la population.