Le vaste terrain de la zone ferroviaire a été pendant près d’un siècle le coeur économique de Chicoutimi comme en témoigne cette photo prise en 1952.

1 M$ pour décontaminer

Le terrain de la zone ferroviaire qui pourrait accueillir un projet d’amphithéâtre jumelé à un stationnement étagé au centre-ville de Chicoutimi devra faire l’objet d’une décontamination dont la facture a déjà été chiffrée à plus ou moins 1 M$ en 2015.

C’est ce qui ressort de certains documents dont Le Quotidien a obtenu copie, incluant le rapport intitulé Évaluation environnementale (phase I) et caractérisation environnementale (phase II), zone ferroviaire, commandé par Promotion Saguenay en 2008. Cette étude a été réalisée par les Laboratoires S.L. Inc. et a été utilisée par la suite pour déterminer la valeur marchande de ce vaste terrain de 5309 mètres carrés.

Dans un rapport préparé en 2015 pour déterminer la valeur du terrain, les professionnels de la firme d’évaluation immobilière Provost Sansfaçon, après consultation des auteurs de l’étude de sol de 2008, établissent qu’il faudrait décontaminer 6002 tonnes métriques de terre excavée sur le terrain. Il s’agit d’une obligation pour obtenir des permis pour les développements commercial et résidentiel sur le site. Un amphithéâtre peut être érigé sur un site de catégorie C (industriel).

Les auteurs utilisent un coût de 142 $ la tonne pour la décontamination. Le Quotidien a effectué des vérifications auprès de spécialistes. Les chiffres présentés dans ces documents sont conformes à l’état du marché de la décontamination. Il y a toutefois des réserves quant au coût final d’un projet de décontamination puisqu’il faudrait une étude de phase III pour avoir une idée très précise des coûts.

Les auteurs de l’étude n’ont pas eu trop de difficultés à identifier les sources potentielles de contamination de ce site qui a été occupé par des immeubles commerciaux en bordure des rues Lafontaine et Racine (Entrepôt Molson, Saguenay Mercantile, Provifruit...) et les installations ferroviaires de la Compagnie de chemin de fer Québec Lac-Saint-Jean en bordure du boulevard Saguenay jusqu’à Place de la gare à l’est.

Cette entreprise est celle qui a occupé le plus longtemps les terrains ciblés par la Ville. Elle a installé un atelier mécanique en plus de la gare. Ce qui fait dire aux auteurs qu’il y a un fort potentiel de présence dans les sols des produits habituellement associés aux activités ferroviaires. Il s’agit de métaux lourds, de soufre, d’hydrocarbures pétroliers et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques et des sulfures.

« Certains résultats d’analyse obtenus sur les sols ont présenté des teneurs en soufre, en phénol et en HAP supérieures au critère C (industriel). La propriété ne respecte donc pas les exigences de la Politique du MDDEP au niveau des sols pour un terrain à vocation commerciale. Pour ce qui est de l’eau souterraine, aucune teneur ne dépasse le seuil d’alerte de la Politique de protection des sols et de réhabilitation des terrains contaminés par le MDDEP », concluent les spécialistes des Laboratoires S.L. Ils terminent la conclusion en spécifiant que des travaux de décontamination seront nécessaires sur ce site pour espérer faire diminuer la contamination pour atteindre le critère C.

Dans le cadre de cette étude, les auteurs ont constaté que malgré l’utilisation industrielle de ce terrain, il n’était pas inscrit au répertoire des terrains contaminés du MDDEP. Les relevés municipaux ou autres registres ne font mention d’aucune problématique environnementale ou plainte concernant les différents immeubles ou terrains qui composaient le site.

Les auteurs évoquent qu’il est possible que la contamination ait aussi été causée par la présence de réservoirs à l’huile enfouis dans le sol. Tous les immeubles du site utilisaient des systèmes de chauffage à l’huile.

Chicoutimi avait fait l’acquisition des terrains de la compagnie de chemin de fer en 1989, pour mettre ainsi un terme à un siècle d’occupation du site. Selon les recherches effectuées par les Laboratoires S.L., la période la plus intense d’activités sur cette zone industrialo-portuaire a eu lieu à la fin des années 1960 et au début des années 1970 avec la présence sur le quai de Chicoutimi d’un site d’entreposage de produits pétroliers, dont plusieurs réservoirs géants. 

En 2015, la valeur marchande du terrain s’établissait à 700 000 $. Il faut soustraire de cette somme les coûts de décontamination. Le terrain a une valeur de 1 $.

Les études ont débuté

Saguenay a confirmé trois mandats, pour un total de 94 095 $, à des firmes de génie-conseil et d’architecture pour réaliser les travaux permettant d’établir les grandes lignes d’un projet d’amphithéâtre jumelé à un stationnement étagé de 700 cases à l’est de l’ancienne zone ferroviaire du centre-ville de l’arrondissement Chicoutimi.

Le plus important mandat a été accordé à la firme de génie-conseil Gémel inc. pour préparer les paramètres pour tout ce qui concerne l’ingénierie civile et la structure du complexe. Il s’agit d’un contrat de 40 632 $ que la firme a obtenu par soumission.

Le mandat d’architecture préliminaire, qui consiste à réaliser le Programme fonctionnel et technique, a été accordé de gré à gré à Roger Fradette de la firme Ardoise pour un montant de 24 720 $. Roger Fradette possède une vaste expérience dans ce domaine et travaille avec le groupe Lemay de Québec qui réalise le complexe incluant l’anneau couvert de patinage longue piste et deux glaces et a signé le Centre Bell de Montréal et la Place Bell.

Le mandat d’architecture permettra d’avoir une idée sur les estimations du projet comprenant l’aréna et le stationnement. Normalement, durant cette phase, les architectes conçoivent les premiers dessins de l’immeuble.

L’ingénierie pour la conception des systèmes mécanique et électrique de l’amphithéâtre a été accordée à la firme Ambioner. Il s’agit d’un contrat de 28 743 $ accordé par soumission.

Les trois contrats seront financés avec l’enveloppe de 100 000 $ votée par le comité exécutif de la ville. Lors de cette séance, seul Jonathan Tremblay de l’arrondissement Jonquière s’est opposé au déblocage des fonds pour ces trois études.

L’attachée de presse de la mairesse Josée Néron, Cyndy Girard, a indiqué au Quotidien qu’il était trop tôt dans le processus pour la réalisation d’une étude sur les caractéristiques du terrain, principalement le seuil rocheux. La capacité portante du terrain avait été utilisée comme argument par l’administration Tremblay pour écarter le site pour la construction d’une salle de spectacle au centre-ville.

Dans ce projet, la Ville doit avoir une idée des dimensions précises de l’ensemble du projet avant de donner le mandat pour cette étude technique. L’amphithéâtre et le stationnement étagé ne couvrent qu’une partie de ce terrain de 5300 mètres carrés.