BUDGET 2023 | Le milieu communautaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean rit jaune

Les représentants de plusieurs organismes faisant partie de la Coalition Solidarité populaire Saguenay-Lac-Saint-Jean se sont réunis, mardi, au Boston Pizza de Jonquière, pour écouter le 5e budget provincial d’Éric Girard.

Les représentants de plusieurs organismes faisant partie de la Coalition Solidarité populaire Saguenay-Lac-Saint-Jean se sont réunis, mardi, au Boston Pizza de Jonquière, pour écouter le cinquième budget provincial du ministre des Finances, Éric Girard. Devant l’écran, le groupe a ri jaune et pointe du doigt plusieurs problématiques liées notamment à la baisse d’impôt, aux logements abordables ou encore à la question des aînés au travail et la pénurie de main-d’œuvre.


La promesse phare de la CAQ de baisser les impôts dès juillet, ce qui fera en sorte que 4,6 millions de contribuables québécois empocheront chacun jusqu’à 814 $ de plus dans la prochaine année, n’a pas mis de poudre aux yeux de Sylvain Bergeron, coordonnateur de L.A.S.T.U.S.E. du Saguenay, un organisme qui défend les droits des personnes sans emploi.

Le coordinateur de L.A.S.T.U.S.E, Sylvain Bergeron.

« La seule affaire qui est bonne pour la population québécoise, c’est la baisse d’impôts. C’est la plus grosse baisse d’imposition de l’histoire du Québec, mais c’est aussi la première fois que certains prestataires à l’aide sociale vont devoir payer des impôts »

—  Sylvain Bergeron, coordonateur de L.A.S.T.U.S.E.

Selon le budget déposé par Éric Girard, une personne seule gagnant 20 000 $ annuellement empochera 8 $ grâce à la baisse d’impôt. Une somme ridicule, selon les représentants présents.

« C’est une mesure qui va encore avantager les personnes aisées, croit Sylvain Bergeron. Dans ce document de plus de 700 pages, il n’est fait qu’une seule fois mention du mot « pauvreté », et c’est pour dire que le PAGIEPS, le plan d’action pauvreté, était reporté à l’année prochaine. »

Le coordonnateur de L.A.S.T.U.S.E. déplore aussi qu’il n’y ait aucune mesure prévue dans le budget à ce qui a trait à la défense collective des droits. « Je ne sais pas si on va avoir un financement. »

« Que » 1500 logements abordables

Une autre revendication des syndicats à l’égard du budget 2023 concerne la promesse de 1500 logements abordables. Lors de sa campagne électorale, la CAQ avait promis 7000 nouveaux logements « sociaux et abordables » en quatre ans dans le cadre du nouveau programme d’habitation abordable Québec (PHAQ), mais le budget n’en prévoit que 1500 d’ici 6 ans.

« Le budget prévoit des logements abordables, mais ça ne veut pas dire que ce sont des logements sociaux, il y a une différence, prévient Sylvain Bergeron. J’ai déjà vu des logements abordables à 600 $ par mois, tout le monde ne peut pas se payer ça. »

La coordonnatrice de Loge m’entraide, Sonia Côté, se dit quant à elle choquée du peu d’importance accordé à la crise du logement qui mène la vie dure à plusieurs ménages et locataires à faibles revenus, et dénonce le choix du gouvernement de ne pas avoir financé de nouvelles unités dans le seul programme québécois qui était dédié exclusivement au logement social.

La coordonnatrice de Loge m’entraide, Sonia Côté.­­

« La situation du logement se détériore rapidement dû à la pénurie de logements et la hausse rapide des coûts de loyer. On dirait que le gouvernement ne saisit pas l’urgence de financer massivement et rapidement de nouveaux logements sociaux pour amorcer une sortie de crise! Si on veut créer une alternative aux logements trop chers, il faut augmenter les logements hors marché, sans but lucratif, où les locataires seront protégés des effets de la spéculation, des évictions et des reprises de logement! Il aurait donc fallu bonifier AccèsLogis, la logique même », martèle Sonia Côté dans un communiqué.

Elle déplore également le choix du gouvernement d’avoir baissé les impôts. « Le 1,7 milliard $ de baisse d’impôt aurait pu financer 10 000 logements sociaux par année! Baisser les impôts n’aidera en rien les 175 000 ménages locataires du Québec qui vivent dans un logement trop cher, trop petit et/ou de mauvaise qualité », note-t-elle.

Sonia Côté assure que Loge m’entraide ne compte pas baisser les bras et promet de poursuivre sa mobilisation pour la relance du programme AccèsLogis et le financement d’un grand chantier de 50 000 logements sociaux sur 5 ans au Québec afin de répondre aux besoins les plus urgents

Attention aux aînés

Bonne nouvelle pour les aînés, l’âge minimal pour accéder au régime de rentes reste fixé à 60 ans, alors que l’âge maximal pour le demander est de 72 ans. Les cotisations cessent à 65 ans, mais si une personne de 65 ans et plus continue de travailler et que ce travail lui rapporte moins que ce qu’elle touchait en étant dans la vie active, elle ne subira pas de baisse de rentes.

« C’est intéressant, mais il faut faire attention à ce que les aînés ne soient pas la solution à la pénurie de main d’œuvre, met en garde Danny Desbiens, coordonnateur de l’Association québécoise des droits des personnes retraitées et préretraitées Chicoutimi (AQDR). Les aînés sont souvent ceux qui votent le plus, mais ils sont un peu oubliés dans le budget. »

Danny Desbiens, coordonnateur de l'AQDR Chicoutimi.

Dans le but de protéger les aînés de la précarité financière, le député de Jonquière, Mario Simard, a participé, mardi, à la Journée de réflexion sur les conditions financières difficiles auxquelles sont confrontés de plus en plus les aînés, en compagnie de la députée de Shefford et porte-parole du Bloc Québécois pour les Aînés, Andréanne Larouche.

« La précarité financière frappe un nombre grandissant d’aînés au Québec. Il est extrêmement préoccupant de constater que de nombreuses personnes aînées manquent de ressources financières et s’imposent des privations de toutes sortes. Cette situation-là est intolérable et il est de notre devoir de s’assurer de la quiétude et de la dignité des aînés », a mentionné Andréanne Larouche dans un communiqué transmis aux médias.

Le 23 février, le Bloc a tenu un colloque sur la santé financière des aînés au cours duquel des experts ont été invités à dégager des pistes pour soulager de la précarité financière les nombreux Québécois de 65 ans et plus qui peinent à payer leurs factures. Des pistes de solutions ont été présentées au gouvernement libéral en prévision du budget 2023.

« Tous les exercices de réflexion et de consultation que nous menons et auxquels nous participons témoignent de notre volonté d’écouter leurs préoccupations et de proposer des réponses aux besoins de cette population devenue encore plus vulnérable depuis le début de la pandémie », de conclure Mario Simard.