Chronique|

Dernière

Pour cette dernière chronique «Du doux dans le quotidien» faisant la part belle aux arts, je vous partage ma peinture préférée. <em>Eleven A.M.</em>, Edward Hopper, 1926

CHRONIQUE / Chers lecteurs, chers yeux précieux et accompagnateurs d’âme, ceci est ma dernière chronique «Du doux dans le quotidien», que je délaisse pour d’autres aventures – pour la Vie.


Pour suivre mon cœur.

Cette Dernière est un début. J’ouvre les valves de l’avenir. De l’infini. Des possibilités au bout de mes doigts.

Cette fin n’est pas un adieu, mais un bonjour et, surtout, un merci grand comme le ciel pour tous ceux qui m’ont lue, commentée, appréciée et roulée en boule pour alimenter leur feu (intérieur et extérieur).

Le 25 janvier 2020, un an après mon embauche à La Voix de l’Est, j’embarquais dans une carte blanche, généreusement offerte par la rédaction. « Tu peux écrire ce que tu veux. »

Voilà que je me suis mise à « écrire sur tout ». Honnêtement, vous me dites « bruit », « chapeau » ou « féminisme », et je peux l’écrire. Le mettre en mots. J’adore écrire sur tout et, surtout, sur rien – trop souvent oublié.

Le « rien », ce petit lac calme que tout le monde fuit au profit du capitalisme, de la productivité, de la performance, du succès et de l’argent.

Aujourd’hui, je veux retrouver ce «rien» ; j’ai besoin de revenir à ce moment où j’étais «ici, à écrire, lentement, chaque lettre», dans ma première chronique L’art de ne rien faire.

J’ai besoin que le temps soit mon ami. Qu’il m’accompagne dans la création d’une œuvre, longue et peaufinée, salée de mer et de voyages, inspirée de rencontres, de baisers, de promenades, de pierres précieuses, de microscope, de poésie et d’amis.

Adoucisseuse d’anxiété

Le 25 janvier 2020, je me suis dotée d’une mission : réduire l’anxiété, le mal de mon siècle. Cet énorme poignard collectivement planté dans le plexus de tant – trop – de gens. Et d’enfants.

Des enfants que le mal de ventre anxieux d’une planète en dérive empêche de jouer.

Je voulais, par le super-pouvoir des mots, apaiser. Mettre du doux sur les plaies, rendre positive la lecture d’une chronique de journal, être certaine de vous réserver une page de bien-être, au milieu du monde en furie.

De par vos nombreux messages bienveillants, j’ai foi : le bon existe. La gentillesse aussi – combat éternel.

J’ai traversé cette tempête de pandémie avec vous, en m’écrivant à moi-même comme à vous, chaque semaine, « c’est OK ».

Je vous ai presque partagé mon flux sanguin, à force de me dévoiler l’écriture profonde. Nos vulnérabilités ont dansé ensemble. Mains à mains.

Je vous ai cité mes âmes sœurs littéraires, vous ai fait connaître des noms extraordinaires d’écrivains et penseurs fabuleux. Tsvetaeva, en passant par Proust, Plath, Woolf, Hemingway, Rilke, Hergé, et tant d’autres.

Je vous ai montré la beauté et l’histoire de l’art par mon choix minutieux d’une peinture ou d’une photographie culte accompagnant chaque chronique.

Mais aujourd’hui, dans ce monde virtuellement fou, le papier meurt, et la menuisière de papier que j’étais doit se trouver un autre canevas pour y déposer son encre. Sa peinture. Son être.

Il est temps, pour moi, d’écrire. Pour moi. Une œuvre, un poème, un roman, mes carnets, une liste d’épicerie. Tout. Mon écriture ne me — et ne vous — quittera jamais.

Je vous aime et vous souhaite la plus grande richesse humaine: la paix.

Regardez plus souvent les arbres, les nuages, les oiseaux, les enfants, les amis, les amants, les maisons, les jardins.

Lisez beaucoup. Parlez. Acceptez-vous. Vous méritez le beau et le doux.

Prenez soin de vous.

On se retrouve, ceux qui souhaitent me suivre et s’abonner, sur ma page Facebook «Carnets de Billie».