CCISF: l’avenir économique de la région passe par le numérique

Bruno Bouchard (UQAC), Robi Guha (TLM), Sandra Rossignol (CCISF), Jimmy Boulianne (Ubisoft Saguenay), Priscilla Nemey (Promotion Saguenay) et Stéphane Lefebvre (CGI Saguenay) ont participé au dernier Rendez-vous économique de la CCISF. Éric Desbiens (Conformit) et Michael Godin (CGI) sont absents sur la photo.

L’avenir économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean et la création d’emplois dans la région reposent en partie sur le développement des technologies numériques, un secteur appelé à connaître encore une grande croissance dans les décennies à venir.


Il s’agit de l’une des conclusions à tirer de la tenue, jeudi midi, du plus récent Rendez-vous économique organisé virtuellement par la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF).

Pour l’occasion, Michael Godin, vice-président principal de CGI pour le grand Montréal, avait été invité comme conférencier, en plus de la participation de Priscilla Nemey, directrice générale de Promotion Saguenay, Éric Desbiens, président de Conformit, Bruno Bouchard, directeur du module d’informatique et de mathématique à l’UQAC, Jimmy Boulianne, directeur général d’Ubisoft Saguenay, Robi Guha, président de TLM, et Stéphane Lefebvre, vice-président conseil du Centre mondial de prestation de services chez CGI Saguenay.



D’entrée de jeu, M. Godin a rappelé que CGI, fondée il y a 45 ans dans un garage à Québec, compte maintenant 82 000 employés actifs à travers 400 bureaux présents dans 40 pays. L’automatisation des processus de production, la gestion de systèmes de paiement, du conseil stratégique, l’opération de plateformes numériques en mode délégué et la télédétection pour le compte de l’Agence spatiale européenne occupent une partie de cette masse d’employés, dont 600 sont embauchés au Saguenay.

Le vice-président principal de l’entreprise croit que le développement du numérique devrait être l’une des priorités des acteurs économiques de la région, alors que la pandémie a changé l’interaction des citoyens avec les technologies de communication. « On constate que les gens sont plus à l’aise avec la technologie, celle-ci ayant fait l’objet d’un usage plus large. Cette tendance ne va pas diminuer. »

Le télétravail a permis aux entreprises de faire preuve de résilience, mais aussi de répondre aux attentes et standards habituels, ce qui a modifié la perception de la technologie, qui n’est plus considérée comme un coût, mais comme une façon d’améliorer la compétitivité pour mieux servir la clientèle.

Un sondage effectué auprès de 1700 clients de CGI à travers le monde a permis de constater chez ceux-ci une volonté d’accélérer la transformation numérique, malgré une conscience que le budget n’est pas illimité.



Selon M. Godin, la région aurait intérêt à faire du développement numérique un pilier de son développement économique. CGI, affirme-t-il, a actuellement besoin de combler 700 postes, dont plusieurs pourraient être occupés au Saguenay.

La région aurait intérêt à développer des initiatives pour encourager les jeunes à s’intéresser à ce secteur en organisant, par exemple, des camps d’initiation dès le primaire et le secondaire. La requalification de la main-d’oeuvre sans emploi ou désireuse de changer de domaine, le travail de collaboration avec l’UQAC et les cégeps, la nécessité d’attirer des immigrants vers ce secteur sont autant d’initiatives qui pourraient être intéressantes pour prendre le virage aux yeux de Michael Godin.

Priscilla Nemey mentionne pour sa part que Promotion Saguenay déploie depuis plusieurs années des efforts pour encourager l’implantation d’entreprises du numérique, d’autant plus que 600 étudiants sont inscrits au département d’informatique de l’UQAC. L’implantation de studios comme ceux d’Ubisoft, d’Incub, dans le quartier numérique sur la rue Racine, sont susceptibles d’attirer de nouvelles entreprises et de favoriser l’entrepreneuriat numérique.

Lors du panel de discussion, il a été abondamment question de la nécessité pour la région de non seulement attirer une précieuse main-d’oeuvre, mais surtout de développer des initiatives pour éviter que ces nouveaux travailleurs repartent vers leur région ou pays d’origine.