La Nébuleuse de l’écrevisse, un spectacle lumineux d’un genre nouveau

À l’issue de sa maîtrise en art mention théâtre à l’UQAC, Héléna Richard a voulu se lancer un défi en imaginant un spectacle théâtral novateur sans narration, La Nébuleuse de l’écrevisse, et en cassant les codes de la dramaturgie traditionnelle pour en façonner une nouvelle. Ce spectacle d’un nouveau genre est un concept dans lequel l’éclairage vient modeler la scène à la place du texte, concept qu’Héléna Richard et son équipe ont appelé dramaturgie lumineuse.


Il s’agit d’un premier spectacle en tant que metteuse en scène pour Héléna Richard qui sera présenté les 21, 22 et 23 octobre prochain, à 19h30 au théâtre de l’UQAC.

«Je voulais proposer quelque chose de très visuel, très atmosphérique, qui joue beaucoup sur les sensations et le ressenti des spectateurs, a confié la comédienne de formation, alors j’ai décidé de partir de la conception de l’éclairage et de remplacer le texte traditionnel du théâtre pour faire mon spectacle.»



Le pari de la jeune femme était d’inverser la tendance traditionnelle qui veut qu’une pièce de théâtre débute par une histoire et de voir s’il était possible d’occulter le texte et de partir d’une conception d’éclairage pour construire sa pièce, qui arrive habituellement en toute fin du processus de création.

Pendant près d’un an, elle et son équipe, composée d’un musicien compositeur et de deux artistes en arts visuels, se sont retrouvés plusieurs fois par mois à l’occasion de laboratoires pour monter le spectacle.

«On se questionnait sur comment le corps entre en contact avec la lumière pour créer un rapport sensible et poétique, ou bien comment est-ce que la musique entre en contact avec la lumière pour créer des atmosphères, par exemple», a mentionné Héléna Richard.

Le spectacle est ainsi composé de tableaux vivants, de scènes qui se succèdent ou encore d’atmosphères avec des conceptions d’éclairage différentes, franches et marquées et une conception musicale qui accompagne la lumière. Si Héléna Richard a fait le choix de se doter d’acteurs, c’est encore une fois pour déconstruire complètement les codes dramaturgiques.



«Je voulais que le spectateur change son rapport à l’acteur, de la même manière qu’il change son rapport au texte, a précisé Héléna Richard. Les acteurs ne parlent pas, c’est juste un travail corporel, mais ce n’est pas de la danse non plus, ils représentent des créatures intrigantes qui habitent des mondes oniriques.»

Comme son spectacle est une forme de théâtre assez novatrice, la metteuse en scène ne sait pas encore comment il sera ressenti, compris et reçu par les spectateurs, mais elle espère créer une réception plus dans l’émotion et le ressenti que dans la compréhension et l’intellectualisation d’une histoire ou d’un propos.

«À la fin de chaque représentation, il y aura un bord de scène pour discuter avec le public, pour qu’il pose des questions et partage sa réception du spectacle», a indiqué Héléna Richard.