Un Saguenéen remporte un prestigieux prix en ingénierie

Jordan Dallaire, en inspection sur le pont à haubans Olivier-Charbonneau, sur l’autoroute A25 à Montréal.

L’ingénieur Jordan Dallaire, natif de Saint-Fulgence, s’est distingué à l’occasion de la 19e édition des Grands Prix du génie-conseil québécois, un gala qui souligne l’excellence et les meilleures pratiques en ingénierie. L’ingénieur chez Norda Stelo a remporté les grands honneurs dans la catégorie Relève du génie-conseil.


Le lauréat 2021 ne s’en cache pas, il se dit comblé par tout le processus qui a mené à sa sélection finale.

« D’abord, c’est très touchant, car ce sont des collègues de mon entreprise qui m’ont approché et qui ont déposé ma candidature, alors c’est déjà une grande reconnaissance à l’interne […]. Ensuite, comme c’est un seul candidat par firme qui est représenté, j’appréciais le geste et la symbolique. En plus, les autres personnes en nomination étaient de très bons jeunes ingénieurs. »



Il l’avoue candidement, la surprise de sa victoire a été totale. « Je ne m’attendais pas du tout à gagner (…) mais je suis très content de ça. »

Il faut savoir que les projets gagnants avaient été sélectionnés par un jury indépendant présidé par Charles Milliard, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Le jury devait évaluer 50 projets finalistes selon les critères suivants : la qualité de l’ingénierie, les innovations développées et les bénéfices pour la société en termes de développement durable.

Celui qui a gradué de l’Université du Québec à Chicoutimi en 2013 en génie civil le reconnaît d’emblée, cet honneur lui confère une certaine crédibilité, en plus de démontrer sa bonne éthique de travail. « C’est une belle preuve, mais c’est aussi une belle motivation pour moi. »

Le projet

Responsable de projets ferroviaires chez Norda Stelo, Jordan Dallaire a réussi à s’attirer la faveur des juges grâce au projet Inspection du pont Victoria 2020.



Jordan Dallaire a remporté le prix de la Relève du génie-conseil, lors la 19e édition des Grands Prix du génie-conseil québécois.

Un tel contrat a exigé un encadrement constant de quelque 20 ressources. Dans son dossier de candidature pour le gala, on a reconnu que sa « présence quotidienne sur le chantier et sa participation active aux inspections ont permis d’assurer la fiabilité des relevés, d’instaurer une dynamique positive et de répondre précisément aux besoins du client, tout en respectant l’échéancier et le budget du projet ».

Il est le premier à le confirmer, son plus grand défi en était un de planification. Rappelons que le pont Victoria a une longueur totale de 2,8 km et qu’en plus d’assurer le transport routier et ferroviaire vers l’île de Montréal, le pont enjambe la voie maritime du Saint-Laurent.

« C’est un pont qui demande beaucoup de planification. De trouver un moyen de penser à tout et de ne rien oublier […]. Heureusement, je n’étais pas seul là-dedans et je pouvais compter sur une bonne équipe qui m’aidait. »

Plus de 25 000 véhicules et 67 trains empruntent le pont Victoria quotidiennement.

Il a su aussi se démarquer par ses « connaissances techniques, sa mobilité et ses aptitudes de cordiste, ainsi que ses méthodes rigoureuses en matière de gestion de projet », peut-on lire dans le document.

D’ailleurs, ses compétences lui ont été bénéfiques, car l’un des principaux enjeux dans ce genre d’inspection est de réduire au maximum les conséquences sur le trafic ferroviaire et routier, surtout quand on sait que plus de 25 000 véhicules et 67 trains empruntent le pont quotidiennement.

« En faisant l’inspection comme ça sur cordes, on a besoin de moins d’équipements et ça cause moins de fermetures, donc notre impact est moindre. »



Retour au bercail

À 31 ans, il raconte avoir passé les 23 premières années de sa vie au Saguenay, mais qu’il avait dû déménager à Montréal à la fin de ses études universitaires. « C’était une période où il n’y avait pas beaucoup de job au Saguenay […]. Ç’a été une grosse décision de partir pour la grande ville ! »

Il y a passé les sept années suivantes avant de s’installer à Québec pour travailler directement au siège social de l’entreprise.

Ainsi, il se rapprochait tranquillement de sa région natale. « Je suis en train de regarder pour faire un retour dans la région et ainsi revenir voir ma famille. »

Et la transition pourrait se faire aisément, alors que le « deuxième plus gros bureau » de Norda Stelo se trouve au Saguenay, car l’un des clients importants de la firme est la multinationale Rio Tinto.

Message aux jeunes

Pour lui, être ingénieur est une véritable passion. Une passion qui lui a permis de voyager un peu partout au Canada, de la Colombie-Britannique jusqu’au Nouveau-Brunswick, en passant par Labrador City.

« Avec les années, on est appelés à inspecter de nouvelles structures et avoir de nouveaux défis, alors c’est toujours excitant. »

Selon lui, devenir ingénieur offre un monde de possibilités et chacun peut y trouver son compte. Il avait ce message pour les jeunes qui aiment les sciences et qui pourraient s’intéresser à la profession.

« C’est un domaine varié et il y en a pour tous les goûts et pour tous les types de personnes. Celles qui sont plus timides, plus techniques et cartésiennes, il y a des emplois de plans et devis, dans un bureau, avec un horaire plus routinier et parfait pour la vie familiale […]. Ceux comme moi qui font des inspections, il faut être curieux, être plus impliqué physiquement, se rendre sur place et faire de la recherche. »



Il ajoute que les firmes offrent également de bonnes conditions de travail et souvent un horaire flexible. « C’est l’fun pour la qualité de vie ! »

En revanche, il faut savoir gérer la pression et assumer les responsabilités qui viennent avec de telles fonctions.

« C’est important de ne pas se mettre de barrières. Tout est possible, sky is the limit ! »