Chronique|

Rendez-vous sur TikTok

Pendant mes vacances d’été, j’ai pris le temps de découvrir la plateforme TikTok, un réseau social rempli de possibilités pour laisser aller son imagination.

CHRONIQUE / Cet été, j’ai enfin pris le temps d’explorer et apprivoiser la plateforme TikTok. Quelle joie j’ai ressentie de retrouver enfin les lecteurs de cette chronique que je rédige depuis presque 20 ans. Ça faisait un petit bout que j’avais remarqué que les ados avaient déserté Facebook.


Tu es sûrement d’accord si je te dis que, vite comme ça, je trouve que le contenu de TikTok est aussi insignifiant que fascinant ! Pour éliminer ce qu’on considère comme insignifiant, et garder seulement ce qui nous fascine, il suffit de s’attarder à ce qu’on aime. Ainsi, l’algorithme travaille pour nous en nous dénichant exactement ce qui correspond à nos intérêts. Il faut aussi savoir ouvrir son esprit, prendre ça au second degré et accepter de se laisser divertir.

Si on prend ça trop à cœur, et qu’on souhaite dire ce qu’on pense aux « TikTokeurs » qui se filment en train de brailler, manger et péter, ce sera une perte de temps sans fin. Dans mon cas, ces petites vidéos, visionnées quelques minutes avant de me coucher, m’aident même à vider mon cerveau pour mieux m’endormir !

Dans des clips de quelques secondes à peine, on retrouve des idées de repas, des entraînements efficaces, des animaux attachants, des artistes originaux et surtout des gens débordant d’imagination. Cette plateforme, avec ses possibilités de montages, de filtres et d’effets sans limites, nous pousse à nous renouveler et force les autres réseaux sociaux à s’adapter.

Après avoir été une observatrice, j’avais à mon tour envie de créer. Au début, je ne savais pas trop quel angle donner à mes vidéos… Jusqu’à ce que je me mette à fouiller sur les sites de petites annonces et à montrer mes étranges trouvailles en lien avec les animaux. Une caille mâle pondeuse, un lapin aux pattes croches, une dinde bien élevée, un coq amusant, bref, quand une de mes vidéos a atteint 35 000 vues et reçu 4000 réactions, j’en voulais encore.

C’est addictif. Plus tu as de vues, de réactions et d’abonnés, plus tu en veux. C’est un peu ça le but de TikTok !

Vive la différence

C’est incroyable de voir comme Tiktok accueille la différence. Les personnes vivant avec un trouble, un handicap physique ou intellectuel sont d’une popularité étonnante. Ayant trop souvent été ignorées, voilà qu’elles ont une place privilégiée dans ce monde virtuel. Cette ouverture permet aux abonnés de démystifier certains troubles afin de mieux les comprendre. Que ce soit la trisomie, le syndrome de Gilles De La Tourette ou encore les personnes de petite taille, tout le monde peut prendre sa place pour y exposer sa réalité. J’ai même découvert une femme qui nous présente les états d’âme de son père qui souffre de l’Alzheimer.

Les haters

Mon élan d’enthousiasme sur TikTok s’est légèrement estompé avec la découverte des haters. Un terme inspiré du mot anglophone hate, qui signifie détester. On désigne les haters comme des gens qui haïssent tout.

Sur TikTok, comme c’est encore plus facile de cacher son identité, cette possibilité alimente le désir de certains de cracher leur venin sur n’importe qui en s’attaquant, par exemple, à leur physique. Si plusieurs choisissent de répondre publiquement à ces messages haineux, cette tactique permet peut-être de décourager les haters, mais elle leur donne aussi du crédit…

De mon côté, j’ai décidé de ne pas gérer mon compte TikTok comme mes autres plateformes. Je considère que ce n’est pas un endroit propice aux discussions. Comme je n’ai pas le goût de donner du temps et de l’attention aux haters, qui cherchent tout simplement une façon maladroite de se faire connaître, je supprime les commentaires qui me déplaisent et je bloque tout simplement la personne. Je ne sens pas le besoin de m’expliquer et de donner la parole à mes interlocuteurs.

« Mon fils était devenu très populaire sur TikTok grâce à ses talents en dessin. Il était suivi par des milliers de personnes, me confie un ami. Mais il a tout arrêté à cause des haters qui s’en prenaient à lui, même à l’école ». C’est triste de se laisser abattre par des gens qui cherchent simplement à provoquer. Même si ces blessures laissent des cicatrices et sèment le doute, sache qu’une fois qu’on les a apprivoisées, elles permettent aussi de devenir meilleur et plus fort.

Sur ce, on se donne rendez-vous sur TikTok ! À bientôt.