La tordeuse s'attaque aux milieux urbains

Il a suffi de bouger quelques branches d’un conifère décoratif devant l’immeuble du Quotidien, à Chicoutimi, pour constater la présence de centaines de petits papillons

La présence de milliers de petits papillons de couleur crème en milieu urbain confirme que l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette va gagner les îlots de forêt dans les villes ainsi que les conifères décoratifs sur les terrains privés.


Les citoyens des municipalités situées en milieu forestier, dont Petit-Saguenay et Bégin, ont déjà une bonne idée de l’ampleur du phénomène. Une photo transmise au Quotidien montre une personne qui ramasse avec une brouette des papillons de la tordeuse.

L’entrepreneur Charles Marchand, d’Arbre & Cie, a une bonne idée de la propagation de la tordeuse dans les zones urbaines. Il a suffi de bouger quelques branches d’un conifère décoratif devant l’immeuble du Quotidien, sur le boulevard Talbot à Chicoutimi, pour constater la présence de centaines de petits papillons qui vont, à leur tour, pondre des milliers d’oeufs. Les chenilles risquent ensuite de dévorer l’arbre.

Généralement, un arbre attaqué par la tordeuse perd sa valeur commerciale sur une période de trois ans. Pour ce qui est des arbres décoratifs sur les terrains privés, les interventions sont plus délicates. Dans plusieurs cas, l’intervention des émondeurs, qui grimpent au sommet et coupent l’arbre par longueur de quelques pieds, est obligatoire.

Dans le cas de la tordeuse, explique Charles marchand, il arrive toutefois un moment où il est trop risqué de faire grimper les émondeurs.

Des citoyens de Petit-Saguenay qui ont procédé au nettoyage de leur propriété ont ramassé des brouettes entières de papillons de la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

«Dans certaines situations, il est nécessaire de prendre des mesures préventives», insiste Charles Marchand.

L’entrepreneur met aussi en garde contre la multiplication des «prétendus spécialistes» dans le domaine de l’émondage.

Au cours des dernières semaines, les équipes d‘Arbre & Cie ont essuyé de sévères critiques de la part de citoyens qui refusent l’abattage des arbres. L’entrepreneur affirme qu’il y a une limite à vouloir conserver des arbres qui vont de toute façon mourir et qui représentent un risque à long terme.

La tordeuse s’attaque en premier lieu au sapin. Toutefois, selon Guy Schuld, qui oeuvre en foresterie depuis 30 ans, l’épidémie est devenue tellement intense que les insectes s’attaquent désormais à toutes les essences de résineux. Il a même constaté la présence d’insectes dans des épinettes rouges.

Il est possible de traiter un conifère décoratif. Les petites larves sont facilement identifiables au printemps. Les centres de jardinage et les pépinières vendent du Bt, un insecticide biologique qui tue les larves et débarrasse l’arbre de l’insecte après deux ou trois ans.

Charles Marchand, d’Arbre & Cie, et Guy Schuld, qui oeuvre en foresterie depuis 30 ans, affirment que l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette n’épargnera pas les conifères des les îlots de forêt en ville et les conifères décoratifs.

En foresterie commerciale, l’arbre est considéré comme mort à partir du moment où la défoliation atteint 50 %.

Pour un arbre décoratif, il est recommandé d’entreprendre l’arrosage pendant le printemps et dès que les premiers signes de la tordeuse sont confirmés, comme la présence des larves.