157 emplois éliminés

Ce sont 157 emplois qui sont perdus par cette fermeture.

Lorsqu'ils se sont présentés à l'hôtel Delta de Jonquière hier matin, les 157 employés de l'usine Novelis ne savaient guère à quoi s'attendre. «We are closing down» a rapidement annoncé le vice-président de l'entreprise.


Le 1er août, l'usine de la rue Fay fermera ses portes définitivement.

L'excédent de la capacité de laminage, l'éloignement des marchés et le coût du métal sont à l'origine de la fermeture inattendue. L'usine d'Arvida paierait plus cher son métal que les autres usines du groupe, et ce même si les installations de RTA sont tout près, selon plusieurs sources. Rio Tinto Alcan affirme toutefois que les coûts sont les mêmes pour toutes les entreprises canadiennes.

Le salaire moyen des employés de l'usine de produits laminés est de quelque 70 000$. Plusieurs parvenaient à gagner 100 000$, en faisant des heures supplémentaires. La moyenne d'âge était d'environ 40 ans.

«Si un drapeau américain flottait devant l'usine, à la place d'un drapeau du Québec, nous travaillerions encore longtemps», notait l'un des employés.

«Ça fait 25 ans que je travaille ici. Quand on nous a dit, mardi à 14h, que l'on souhaitait nous rencontrer mercredi matin, on ne pensait pas que c'était pour une fermeture. On ne savait rien. Nous avions eu un important boni l'année dernière. On ne pensait pas que ça allait mal.»

Novelis a décidé de ne faire aucune annonce publique quant à la fermeture, préférant se concentrer sur ses «communications internes».

À la radio

Selon les employés, les indemnités de départ «seront les plus basses permises par la loi.» Certains ont d'ailleurs appris la nouvelle à la radio, hier matin. Ils n'avaient pas été mis au courant qu'une rencontre aurait lieu en matinée, puisqu'ils travaillaient sur le quart de nuit.

Des employés de l'usine d'Arvida avaient fait une présentation, à Nashville, pour expliquer de quelle façon ils pensaient parvenir à réduire les coûts de transport, entre autres choses. «Nous perdons encore quelque chose de bien dans la région. C'est une belle usine, que l'on a ici. Nous avons de la matière première, mais nous sommes dans une région éloignée. Les coûts de transport sont élevés. Le contexte économique est aussi vraiment difficile. Mais jamais on ne pensait que ça allait fermer comme ça», mentionne Pierre Fillion, employé depuis dix ans.

Aucun plan de restructuration n'aurait été envisagé par l'entreprise, selon les travailleurs rencontrés hier matin à 9h, à leur sortie de l'usine.

«Ce que l'on a su, c'est que la direction a eu des informations quelques jours avant, mais que les patrons aux États-Unis ont refusé toute concession. Ils fermaient, un point c'est tout», souligne un autre travailleur, préférant garder l'anonymat.

De bons emplois

Lorsqu'ils ont appris que l'usine du groupe indien Aditya Birla allait fermer, hier matin, les 157 travailleurs apprenaient du coup qu'ils perdaient un très bon emploi. La nouvelle a été annoncée en anglais, puis traduite en français.

«Nous avons des conditions parmi les meilleures dans la région. Ce sont de très très bons emplois, parfois meilleurs que chez Rio Tinto Alcan. Nous ne sommes pas syndiqués, mais nos salaires sont excellents», affirme l'un des travailleurs. «Le gros problème, c'est que plusieurs n'ont pas de scolarité. C'est difficile de se trouver autre chose», note un autre.

Alain Gagnon

Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium de l'usine Arvida de Rio Tinto, principal fournisseur de Novelis, Alain Gagnon appréhende les répercussions pour ses membres.

« Pour nous, ç'a un impact, c'est sûr. On alimente (l'usine Novelis) sur une base quotidienne, quart de travail après quart de travail, en métal en fusion, a indiqué M. Gagnon. La fermeture touche tout le monde. D'ailleurs c'est sûr qu'on va faire en sorte de mettre le monde en marche pour essayer de sauver ça parce que ça n'a pas de sens.»